Les promenades du rêveur solitaire - Réserve de la Marana en septembre 2012




Le besoin de ces marches solitaires est bel et bien là, plus moyen de le contenir. Je décide donc de profiter d'une journée exceptionnelle de repos pour partir de bonne heure marcher le long de la lagune de la Marana. Pourquoi là-bas ? C'est monotone, souvent insipide en terme de curiosités observables, mais çà a le mérite d'être près de chez moi, donc de me permettre de marcher relativement longtemps sans pour autant empiéter sur le reste de mes obligations de la journée (je suis un homme qui se trouve systématiquement des occupations même quand il n'y a pas lieu...).

Je décide cependant de commencer mon trajet au niveau de la réserve qui englobe la lagune à peu près au niveau de Borgo, les « plages à touristes » complètement vides de végétation avant on vraiment un intérêt très limité. Au moins suis-je certain de ramener quelques clichés de la flore de l'étang et de la lagune, si commune et pourtant si mal connue. En effet, il n'y a de choses que l'on ne remarque pas que celle qui sont là juste sous votre nez.

A mon arrivée, le soleil naissant juste voilé par ces nuages bas matinaux donne à l'horizon ces délicieuses tonalités mêlant habilement l'orange, le vanille et le mauve, je sais au moins que je ne souffrirai pas de la chaleur. Je décide de suivre la lagune, mais au milieu de sentiers qui zigzaguent entre les dunes juste au bord de la plage à proprement parler, je sais que je pourrais observer là-bas quelques essences dignes d'intérêt.

Autant il m'est arrivé précédemment de découvrir avec bonheur des espèces que je connaissais mais n'avais jamais observé ailleurs que sur des photos, autant cette fois j'ai plutôt eu une impression inverse : redécouvrir des plantes faisant presque parti du quotidien mais auxquelles on n'a jamais prêté l'attention qu'elles auraient mérités si on ne les avait pas si souvent croisées sans plus d'égards. Ces roseaux finalement majestueux, ces lys des sables aux fleurs délicates au parfum suave, ces champs nuisible par leur propension à s'étendre de griffes de sorcières, pourtant utiles pour retenir partiellement la dune qui tend de plus en plus à s'effacer au fil du temps et des tempêtes... Et ces arbousiers, finalement très fréquents quelle que soit l'altitude, ce figuier de barbarie énorme, comme balancé ici par erreur par quelque jardinier facétieux, ou ce figuier « classique » qui a envahit de ses branches laissées libres le jardinet de cette ruine...

La promenade alterne les coins de nature encore presque vierge (du moins à portée de vision) et les regroupement de maisons presque pieds dans l'eau. Je n'aime pas rôder près des habitations d'autrui, d'une part pour ne pas donner l'impression d'envahir l'espace vital des gens, mais surtout parce que si mon but avait été une balade au milieu de la foule, je me serai simplement rendu en ville au milieu du tumulte des passants. Non. C'est bel et bien cette sensation de solitude, d'être seul au monde pour quelques instants que je recherche quand je pars de la sorte. C'est pour cette raison que le lieu finalement importe peu, que les images perçues ne sont qu'un merveilleux bonus pour l'esprit, et les kilomètres avalés un endurcissement pour le corps, ce qui compte vraiment c'est d'arriver, même très (trop ?) brièvement à se retrouver, de pouvoir au gré de la marche laisser vagabonder son esprit et sombrer parfois dans l’introspection, quitte à en oublier que l'on avance sans relâche, toujours plus loin, toujours hors du temps qui normalement vous presse et empêche d'atteindre cet état de presque plénitude qui vous laisse ce léger sourire en coin sans même devoir forcer le trait...

C'est pour çà que je pars, et que je continuerai à le faire quand l'occasion s'offrira à moi.

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