Démiurge


Présomptueux comme titre, n'est-il pas ? Pourtant c'est ce que je suis à chaque fois que je crée, au sens large. Que ce soit sur un bout de papier, sur ma tablette graphique, quand je rédige un article pour ce blog ou quoi que ce soit d'autre, n'est-ce pas ce que je suis pour ce contenu ?

Certains y verront une once de mégalomanie clairement affichée, mais c'est le sentiment que la Création m'inspire : autant Dieu dans la Génèse a un beau jour (ou était-ce une nuit ? Manquaient les astres à ce moment-là paraît-il...) décidé de faire émerger le monde du néant par sa simple volonté, autant c'est ce que je fais avec MON monde à chaque fois que ma volonté est assez forte pour me lancer.

La comparaison ne s'arrête pas là : la plupart du temps je conserve mes œuvres, aussi inachevées et imparfaites soient-elles, vu que j'éprouve envers elles cet amour quasi-filial que le Créateur a pour sa création. Cependant, dans des accès de colère, de désespoir ou d'ennui, il m'est arrivé de les détruire éhontément, sachant qu'en tant que leur propriétaire j'étais le seul être au monde à pouvoir demander des comptes concernant leur disparition. D'une certaine manière, en réduisant la Création au microcosme de l’œuvre, c'est donc bien moi qui en suis le Dieu unique et véritable... Pas étonnant que l'humanité se façonne des divinités à sont image vu qu'il lui est si facile d'extrapoler de la même manière que je raisonne en ce moment.

Mais je m'égare... Peut-être mon besoin créatif n'est-il justement qu'un moyen d'épancher la soif d'égarement de mon esprit, au même titre que quand je m'éloigne physiquement de la civilisation lors de mes escapades en pleine nature... Ou peut-être est-ce l'inverse : mon esprit a besoin de se nourrir de ces nouvelles images et expériences pour continuer à produire du contenu...

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