Les promenades du rêveur solitaire - Pietracorbara en septembre 2012


Un coup de poker. Pleuvra, pleuvra pas ? La dépendance est là, dorénavant c'est indéniable. Le junkie de la marche solitaire a besoin de sa dose hebdomadaire, la météo ne lui fait pas vraiment peur, et les distances non plus.
Rassuré par les rayons timides d'un soleil que l'on sent farceur ce jour là, je me décide à tenter ce parcours présenté comme court, ce qui devrait en théorie me laisser le temps d'échapper à la colère du ciel qui s'annonce. Pietracorbara n'est pas la porte à côté mais tant pis, au moins découvrirai-je sa région.

Je sais que je traverserai la multitude de petits hameaux accolés tels qu'ils sont décrits dans le parcours, mais il y a beaucoup de choses à voir, donc je tolère la proximité des humains en ce jour. Je m'octroie d'ailleurs une autre entorse à mes principes en stationnant juste devant (enfin, trop devant à mon goût) l'église Saint Clément, alors que je voue aux lieux sacré un respect profond en temps normal.
Je débute donc mon ascension vers le hameau d'Ornetu, où deux tours m'attendent, ainsi que le sentier vers le reste du périple. J'avoue avoir quelque peu cherché ce sentier à ce moment, frénésie du novice ou indications pas assez explicites, allez savoir. En parlant encore de ce sentier, je croise la fontaine d'Ornetu signalée dans le parcours, mais sans y prêter plus attention alors, m'attendant à quelque chose de plus « authentique » et surtout avec un flux d'eau plus abondant. Ceci me vaudra un deuxième passage pour la simple et bonne raison que j'ai omis également la boucle pour la fontaine suivante, celle des Landi. Je ne saurais dire pourquoi j'accumule alors les erreurs grossières, si je suis pressé par le ciel de plus en plus gris et l'atmosphère que l'on sent dorénavant humide, si je n'aime vraiment pas errer si près des habitations, de sorte que j'ai toujours la sensation de violer l'intimité des gens qui y vivent, ou si je suis seulement étourdis, en tout cas plus que d'habitude.

Vous l'aurez compris, cette première partie n'est vraiment pas une réussite, et en redescendant par la route entre les hameau qui doit me mener au sentier de l'eau vive à proprement parler, il faut avouer que l'envie de tracer vers ma voiture et rentrer chez moi la queue entre les jambes me traverse l'esprit. Mais même si je ne l'exprime pas franchement, la persévérance fait partie de mes qualités, je déteste m'avouer vaincu tant que je ne suis pas à terre. Je décide donc d'emprunter la petite route qui descend vers la rivière en contrebas des hameaux que je traverse, et dont j'entends l'eau qui coule assez abondamment apparemment.

En effet une fois en bas, le jeu en valait la chandelle : une rivière qui coule entre de gros blocs rocheux en y formant de-ci de-là des pozzi (trous d'eau), avec en amont un pont de bois mis en place pour accéder plus aisément à l'autre rive (pour qui ne voudrait pas faire comme moi en sautant de rocher en rocher), une forêt comme je les aime avec ses arbres tantôt droits comme des piquets, tantôt tourmentés voir couchés par les éléments. Je me sens tellement mieux que je décide de bifurquer temporairement de la route indiquée pour aller plus en amont de la rivière, du côté de ce fameux pont, et ce malgré le ciel toujours et désespérément plus gris qu'il ne le faudrait... La raison aidant, je ne m’octroie que quelques minutes hors des sentiers marqués et rejoins en gambadant presque joyeusement vers le moulin abandonné que je dois croiser sur ma route.

Jolie bâtisse que ce moulin. L'une des meule est d'ailleurs savamment posée près de sa porte, certainement pour témoigner du passé laborieux de l'édifice. J'ai conscience de la mise en scène voulue pour ces sentiers du cap, mais je sais que cela ne gâche en rien les qualités des lieux traversés, d'autant plus que j'en découvre la plupart et commence à m’intéresser à leur histoire. Je ne prétendrai pas devenir un érudit en la matière, mais j'ai envie de pouvoir tenir une conversation à leur sujet, de pouvoir enfin me situer ces villages quand au détours de palabres avec le reste des habitants de l'île on évoque leurs noms.

Je poursuis ma route alors, même si le sentier est surtout une vue de l'esprit à mon sens à ce moment. En effet, peut-être aurais-je du grimper plus en hauteur en face du moulin pour trouver un semblant de piste, en tout cas je choisis ce qui me semble être le compromis le plus sûr pour rejoindre le pont de Ponticellu : suivre religieusement la rivière qui logiquement doit passer à un moment ou à un autre sous ce dernier. En terme de probabilités de croiser le pont, la solution était la plus simple, en terme de réalisation, peut-être pas... Encore une chance que mon centre de gravité plutôt bas m'aide en terme d'équilibre pour sautiller de rocher en rocher au dessus du lit du cours d'eau. L'inquiétude me guette à l'occasion de ces minutes qui semblent interminablement s'égrener sans passerelle de salut en vue au milieu de ces branches finalement si touffues qui vous bouchent la vue au delà de quelques mètres, d'autant plus que le ciel ne semble pas démordre de sa volonté de s'épandre bientôt...

Mais bon, le pont génois s'offre à ma vue, tout va mieux dès ce moment. Je remonte doucement vers ma route de départ, croisant et saluant respectueusement deux dames parties apparemment en quête de champignons si j'en juge à leur panier d'osier.

La menace supérieure semblant s'être stabilisée, mon esprit ragaillardi par l'interlude forestier me pousse finalement à retourner voir les fontaines comme je vous l'ai d'ores et déjà annoncé : d'abord celle d'Ornetu, que je refuse de considérer comme telle jusqu'au bout tant l'image d’Épinal de la fontaine avec son bassin est loin de ce que je vois, puis celle de Landi à l'issue d'une boucle forestière où cette tête de gargouille de bronze toute fluette se cache à la vue des hommes...

Je retourne alors comblé à mon véhicule, mes objectifs étant atteints, et particulièrement celui d'avoir éviter une douche impromptue. De très peu d'ailleurs, j'ai juste le temps de rejoindre la route du cap que les première gouttes s'abattent sur mon pare-brise... J'ai eu de la chance, je dois faire plus attention à la météo pour les prochaines fois même si l'envie est forte...
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Les promenades du rêveur solitaire - Réserve de la Marana en septembre 2012




Le besoin de ces marches solitaires est bel et bien là, plus moyen de le contenir. Je décide donc de profiter d'une journée exceptionnelle de repos pour partir de bonne heure marcher le long de la lagune de la Marana. Pourquoi là-bas ? C'est monotone, souvent insipide en terme de curiosités observables, mais çà a le mérite d'être près de chez moi, donc de me permettre de marcher relativement longtemps sans pour autant empiéter sur le reste de mes obligations de la journée (je suis un homme qui se trouve systématiquement des occupations même quand il n'y a pas lieu...).

Je décide cependant de commencer mon trajet au niveau de la réserve qui englobe la lagune à peu près au niveau de Borgo, les « plages à touristes » complètement vides de végétation avant on vraiment un intérêt très limité. Au moins suis-je certain de ramener quelques clichés de la flore de l'étang et de la lagune, si commune et pourtant si mal connue. En effet, il n'y a de choses que l'on ne remarque pas que celle qui sont là juste sous votre nez.

A mon arrivée, le soleil naissant juste voilé par ces nuages bas matinaux donne à l'horizon ces délicieuses tonalités mêlant habilement l'orange, le vanille et le mauve, je sais au moins que je ne souffrirai pas de la chaleur. Je décide de suivre la lagune, mais au milieu de sentiers qui zigzaguent entre les dunes juste au bord de la plage à proprement parler, je sais que je pourrais observer là-bas quelques essences dignes d'intérêt.

Autant il m'est arrivé précédemment de découvrir avec bonheur des espèces que je connaissais mais n'avais jamais observé ailleurs que sur des photos, autant cette fois j'ai plutôt eu une impression inverse : redécouvrir des plantes faisant presque parti du quotidien mais auxquelles on n'a jamais prêté l'attention qu'elles auraient mérités si on ne les avait pas si souvent croisées sans plus d'égards. Ces roseaux finalement majestueux, ces lys des sables aux fleurs délicates au parfum suave, ces champs nuisible par leur propension à s'étendre de griffes de sorcières, pourtant utiles pour retenir partiellement la dune qui tend de plus en plus à s'effacer au fil du temps et des tempêtes... Et ces arbousiers, finalement très fréquents quelle que soit l'altitude, ce figuier de barbarie énorme, comme balancé ici par erreur par quelque jardinier facétieux, ou ce figuier « classique » qui a envahit de ses branches laissées libres le jardinet de cette ruine...

La promenade alterne les coins de nature encore presque vierge (du moins à portée de vision) et les regroupement de maisons presque pieds dans l'eau. Je n'aime pas rôder près des habitations d'autrui, d'une part pour ne pas donner l'impression d'envahir l'espace vital des gens, mais surtout parce que si mon but avait été une balade au milieu de la foule, je me serai simplement rendu en ville au milieu du tumulte des passants. Non. C'est bel et bien cette sensation de solitude, d'être seul au monde pour quelques instants que je recherche quand je pars de la sorte. C'est pour cette raison que le lieu finalement importe peu, que les images perçues ne sont qu'un merveilleux bonus pour l'esprit, et les kilomètres avalés un endurcissement pour le corps, ce qui compte vraiment c'est d'arriver, même très (trop ?) brièvement à se retrouver, de pouvoir au gré de la marche laisser vagabonder son esprit et sombrer parfois dans l’introspection, quitte à en oublier que l'on avance sans relâche, toujours plus loin, toujours hors du temps qui normalement vous presse et empêche d'atteindre cet état de presque plénitude qui vous laisse ce léger sourire en coin sans même devoir forcer le trait...

C'est pour çà que je pars, et que je continuerai à le faire quand l'occasion s'offrira à moi.
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Les promenades du rêveur solitaire : Brando en septembre 2012


Grisé par ma première sortie, me voilà décidé à remettre çà, mais cette fois-ci un peu plus proche de chez moi. Je décide donc de visiter les hauteurs de Brando, et plus particulièrement au hameau de Castellu où j'apprends lors de mes recherches préliminaires à mon circuit que de nouvelles ruines d'une place forte sont érigées.
Je décide donc de m'y rendre en empruntant la route qui va vers Mausoleu. Je dois dire que je suis souvent passé devant cette bifurcation de la route du cap quand nous allions entre amis nous baigner sur les rochers des criques du cap, particulièrement à Sagro, sans jamais l'emprunter, ni même, avouons-le, y songer.

Bizarrement, j'ai une impression de déjà vu concernant le trajet, mais mon attention pour être sûr de ne pas manquer les panneaux de signalisation vers le hameau convoité est à son paroxysme. Nos routes de l'intérieur se ressemblent toutes, je m'en convaincs pour continuer sereinement.
J'arrive à Castellu, et constate d'emblée que ce petit hameau porte effectivement bien son nom : en effet, il est surmonté par les-dites ruines du fort de Brando. Je m'imagine déjà m'en approcher et ressentir les moments forts de leur glorieux passé, un peu comme un enfant rêve des aventures de ses chevaliers idéalisés. Mais une épopée plus terre à terre vers le chemin balisé m'appelle. Même si j'ai l'espoir de m'approcher de mon château...

Je traverse donc rapidement le petit village et me lance sur une piste qui grimpe au milieu de « muri alti », littéralement « murs hauts », qui correspondent en fait à des terrasses à flanc de colline aménagée aux temps jadis pour les cultures. De là je dois rejoindre Silgaghja... Silgaghja, où ai-je déjà entendu ce nom ? Mémoire, frivole maîtresse, te joues-tu donc de moi en ce jour où je fais reposer mes espoirs de visite inoubliable ? Passons, mes jambes me portent sur cette pente relativement douce au milieu de ces terrasses où le maquis a repris ses droits, laissant juste serpenter le sentier prévu.
A ma gauche, bien en contrebas, j’aperçois les ruines de quelques bâtisses que j'assimile alors aux deux villages ruinés de Grotta et Serboghju, sans pouvoir en dire plus à leur sujet de par l'éloignement et le manque d'informations que j'ai pu glaner à leur sujet. Je profite d'une madeleine de Proust, en la vision de ces nombreux plants de marjolaine – ou serait-ce de la nepita, je n'arrive jamais à différencier les deux vu que dans ma famille la confusion était souvent faite – à l'odeur qui rappelle mon enfance à la vie, quand je partais avec ma grand-mère cueillir toutes ces herbes et aromates qu'elle emploie en cuisine.

Mais Silgaghja est déjà en vue, et je pénètre dans ce hameau élevé et finis par comprendre pourquoi tous ces environs me semblaient si familier depuis le début : je tombe sur un panneau indiquant un accès au monte Stellu, et là la scène me revient à l'esprit, quand en ce dimanche matin nous avions décidé avec celui qui m'a inspiré ces balades de tenter justement le Stellu, à partir même de ce hameau de Silgaghja dont j'ignorais alors le nom vu que j'étais guidé par lui, et encore profane en dilettante. Je me souviens que nous avions dû rebrousser chemin avant même le départ aux vues des conditions météorologiques si défavorables pour une fin août avec ces brumes matinales puis ce vent violent... Une nouvelle fois je dois renoncer à cette ascension qui décidément s'offre à moi, je ne suis pas encore aguerri, je n'ai pas de matériel ni de vivres en quantité suffisante, et surtout, je n'ai pas le temps en ce début d'après-midi déjà bien passé d'envisager les nombreuses heures de marches nécessaires à mener à bien cet objectif. Patiente, ô montagne, notre temps viendra bientôt...

Presque à contrecœur, je me décide d'entamer la descente le long de la route qui me ramènera au Castellu, je n'ai pas envie de rentrer, l'ascension a été très brève, bien trop au goût de l'apprenti qui découvre les méandres de sa discipline, je vois le monte Stellu se refuser de nouveau à mes pas, je ne saurais tolérer une vulgaire descente au bord d'une route et de son bitume noirâtre et si morne comparé à son environnement proche. Cet environnement proche, la voilà ma solution à mes frustrations puériles. Tant qu'à descendre, autant innover et te frayer ta propre piste à travers la forêt au bord de la route. Qu'est-ce que tu as à perdre, tu n'as qu'à ne pas trop t'éloigner du bord de la chaussée et tu ne te perdras pas ? Sitôt pensé, sitôt lancé en contrebas à admirer le bosquet ombragé qui sépare les hameaux de la commune... Ces arbres majestueux qui ont su résister au poids des années et particulièrement aux incendies estivaux qui ravagent parfois ma région... Ces murs anciens vert-mousse ou bien berceaux d'une merveilleuse végétation qui a su profiter des niches qui séparent les pierres entre elles... Ces rochers semblant percer le sol, parfois retenus et même entravé dans leur œuvre par les arbres et leurs racines... Et ce calme, certes tout relatif si l'on considère la proximité de la civilisation et le bruit de fond propre aux bois, mais pourtant si appréciable pour le citadin en mal de retour aux sources qui se lance à l'aveugle dans la forêt inconnue...

Je finis donc par rejoindre la route prévue avant de retourner à mon point de départ. Je fais attention à ce moment au fait que l'Homme a effectué un travail remarquable sur les flancs des montagnes alentours quand je m'aperçois qu'elles semblent toutes être aménagées en terrasses, comme si finalement elles avaient été montées comme des pyramides, étages par étages.
Sur cette pensée un peu cocasse, je quitte une nouvelle fois mon lieu de villégiature du jour, mais avec un dernier regard en arrière pour Silgaghja et le Stellu, car je sais alors que nous seront amenés dans un avenir très proche à finir ce jeu du chat et de la souris. Du moins est-ce la promesse que je me fais alors à moi-même...
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Les promenades du rêveur solitaire : Rogliano en septembre 2012

Il fallait bien commencer par quelque chose, donc pourquoi ne pas choisir le circuit le plus éloigné trouvé alors ? L'idée de ces balades solitaires me taraudait tellement depuis le monte Grossu qu'elle avait viré à une véritable obsession qui me poussait à chercher les sentiers répertoriés et à ma portée.
Je décidais donc de partir juste après le déjeuner ce jour-là pour être sûr de pouvoir effectuer la boucle dans les temps.

J'en profitais pour réviser, si je puis dire, la route du cap corse, si proche et facile mais si peu fréquentée malgré les nombreuses curiosités et centres d'intérêts de la région. C'est pendant ce trajet que j'ai encore conforté mon idée que je devais réagir afin de me lancer dans l'exploration de mon île, que je n'avais pour ainsi dire pas quitté depuis mon enfance, sauf pour suivre mes études pendant un relativement bref laps de temps, et pourtant si mal connue... Une certaine honte me gagne alors, mais je me promets d'y remédier, après tout, n'est-ce pas un des buts de ma démarche ?

La route est un peu monotone jusqu'à Macinaggio, c'était prévisible. Une fois là-bas, je me dirige vers l'intérieur des terres pour débuter mon ascension vers Rogliano. J'espère ne pas me perdre, ce serait l'affront ultime que je ferais à mon sens de l'orientation.

Le hameau de Bettolacce où est situé le départ est rallié. Une petite hésitation m'envahit : es-tu à la hauteur de tes ambitions, est-ce malin de partir en ces heures encore chaudes de septembre ? Tant pis, lances-toi mon vieux. Timidement je cherche le lavoir indiqué sur mon circuit, il me semble l'avoir repéré en contrebas en arrivant. Je m'y rends et suis rassuré par le fait que je ne me suis pas trompé.
Ragaillardi par ce succès extraordinaire pour moi, j'entame mon périple par ces petits sentiers où je cherche malhabilement les marquages dont je n'ai pas encore l'habitude, n'oublions pas que l’expérience est toute neuve pour moi, d'autant plus que j'ai décidé de me débrouiller seul pour la tenter. Appelons çà la fraîcheur de l'inexpérience, je suis d'emblée ravi par ce que je croise : anciens murs de pierre couverts de végétation, un peu sèche alors vu qu'on sort juste de l'été, passages en forêt ombragée, ruines d'anciens pagliaghji... J'en oublierais presque ma phobie, ma principale crainte, ma Némésis, croiser un serpent. Aussi inoffensives que soient nos couleuvres, je ne peux me résoudre à soutenir la vue d'un de ces reptiles qui me répugne au plus haut point depuis ma plus tendre enfance, d'autant plus que je n'arrive pas à en trouver les raisons rationnelles.

Mais passons. J'atteins le premier point d'intérêt : le couvent Saint François, que je canarde presque frénétiquement avec mon appareil photo pour en fixer l'image, même si je reste persuadé que les « vrais » clichés sont ceux que ma mémoire va imprimer et non ceux qu'un quelconque engin figera. Égoïsme ? Peut-être, n'oublions pas qu'à ce moment la solitude était un choix. Après m'être repu des façades marquées par le temps du couvent, je continue ma route et admire la première tour du trajet. Elle semble habitée, je ne peux m'empêcher alors d'osciller entre des réflexions sur l'immense chance de posséder une bâtisse pareille, moi amateur de vieilles pierres, et d'autres plus terre à terre concernant l'isolement de la-dite habitation et les problèmes logistiques induits par la possession de tels édifices.
Après avoir calmé mes interrogations, j'aperçois au loin des ruines qui trônent sur une colline. Bien entendu ma curiosité est piquée au vif par cette vision, même si je sais que je vais m'y rendre au cours de ma course. Je suis par contre un peu déçu de devoir suivre une route goudronnée pour redescendre vers ce nouvel objectif, ma soif de nature ne saurait tolérer de tels écarts... Tant pis, le panorama de la Méditerranée qui s'offre à moi derrière les collines et leurs hameaux surgis de nulle part, le tout sous ce magnifique ciel bleu profond typique de nos étés permet de tempérer la frustration. Arrivé en bas de cette voie, je me permets une bifurcation, certes involontaire vu que je pensais qu'elle était l'accès à ce château en ruine, mais qui m'a permit l'espace de quelques minutes de visiter un peu plus l'arrière-pays de Macinaggio. Conscient de ma méprise, je rebrousse chemin et continue sur la trajet prévu.
Au hameau de Vignale, je m'aperçois que la route vers les ruines du Castellu Da Mare que j'apercevais au loin est marquée. Déçu (quoique...) par mon échec encore frais, je me décide à m'approcher alors pour de bon de ce lieu qui m'intriguait alors. Une petite marche au milieu de ce bosquet ombragé était par ailleurs salutaire sous ce soleil de plomb. Au pied des ruines, je me permets l'excentricité de m'approcher relativement près des bords du plateau qui tombaient pourtant à pic, autre sujet d'inquiétude pour moi, mais qui ne saurait résister à la force de ma curiosité. L'édifice est imposant, la somme de travail pour l'ériger a du être considérable pensais-alors, toujours aussi pragmatique au final, quand l'émerveillement s'estompe.

Le reste du chemin vers Magna Suprana est tranquille et alterne les sentiers et une brève incartade sur le bitume vers la forêt par laquelle le retour se fera. J'admire mes premières « maisons d'américains », vestige du passé des cap-corsins partis faire fortune ailleurs, hélas parfois laissées à l'abandon, et souvent mal entretenues..

Je rejoins finalement Bettolacce entre le parvis de l'église Sant'Agnellu et la tour ronde de la Parocchia. Ma première promenade s'achève ainsi, tranquillement avec un besoin maintenant bien affirmé de réitérer l'expérience, aussi bien pour les côtés historiques, botaniques ou géologiques des futures régions visitées que pour mon accomplissement personnel à travers cette quête de l'identité de ma région...

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Round 2...


Un message en rapport direct avec de la boxe ?
Sur un blog qui ose s'appeler Geek-Boxer ?
Non vous ne rêvez pas...

Trêve d'auto dérision, abordons sans plus tarder le vif de mon sujet : j'ai (enfin) repris les entraînement de kickboxing pour mon plus grand bonheur, de par un emploi du temps qui s'est enfin stabilisé.

D'aucuns penseront qu'un type qui s'inflige deux fois deux heures de suée plutôt intense avec coups, bleus et même blessure à la clé (mon oeil gauche s'en souvient déjà, penser à monter sa garde correctement la prochaine fois...) est au mieux masochiste, au pire complètement taré. Mais non, je n'aime pas plus que çà me faire taper dessus ou suer à grosses gouttes au milieu d'autres gars couverts de sueurs aussi (je dois être un peu homophobe sur les bords, ou juste propre sur moi...).

Simplement j'aime cette sensation d’accomplissement que je ressens à la fin de la séance quand mon pauvre corps endolori des efforts et des coups prend enfin un repos bien mérité, mais un repos "physique" et non plus mental comme après une grosse journée de travail. Bizarrement malgré l'heure, je n'éprouve plus de fatigue à ce moment là (la montée d'adrénaline explique le processus physiologique, mais çà reste toujours notable pour un couche-tôt), j'ai même envie de m'adonner à d'autres activités en attendant l'étreinte de Morphée.

Bon, le lendemain avec les courbatures qui s'installent et ont leur paroxysme le surlendemain on déchante un peu, mais en règle générale, je redeviens opérationnel pour la séance suivante (le corps humain est une machine superbe...).

En plus les sociétaires et le staff du club ont l'air plutôt sympa, donc une bonne année sportive s'annonce en perspective...
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Frustration



Aujourd'hui comme (presque) tous les jours, je scrute avec impatience les mises à jours disponibles pour les applications que j'utilise sur mes appareils, et pour le système accessoirement (que ce soit Windows 7, Android ou openSUSE). Aujourd’hui, comme souvent, je trouve quelques patches et autres joyeusetés à appliquer pour me sentir un être exceptionnel avec ses machines à jour. Aujourd'hui, comme (presque) jamais, je suis sur une connexion Internet bridée en téléchargement et je suis à 24 heures de la sortie de la version 12.2 de mon nouveau Linux préféré, et j'ai une nightly de CyanogenMOD 9 qui sort pour ma TouchPad après 2 semaines de pause et un changelog long comme mon bras (notons que je suis geek, mais pas au stade du CTB/CMB...).

Voyons le point positif de la chose :  si j'ai du faire le sacrifice ultime d'une connexion Internet, çà reste pour une formation de secourisme sur 3 jours, donc à priori que du bon pour le reste de l'humanité.

Voilà, un micro-article histoire de calmer mes nerfs, de signifier que je suis pompier volontaire à mes heures perdues, et de poster quelque chose pour faire croire que je suis un blogueur dans l'âme...
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