Réflexions sur l'avenir : Windows 8 - openSUSE 12.2 - Ubuntu 12.10

Un bon gros sujet bien geekesque s'il en est. Pourtant à l'aube du déploiement de Windows 8 et de sa ModernUI très "tablettisante", la question de la remise en question justement doit se poser. Surtout que mon matériel est un tantinet vieillissant (même s'il répond encore parfaitement à mes besoins vu que je ne joue quasiment plus sur PC, ni ailleurs d'ailleurs...).

Je l'ai déjà dit : j'ai installé openSUSE 12.2 avec GNOME 3 sur un de mes vieux portables (KDE, j'ai beau essayer, pas moyen... Pourtant c'est le plus proche de Windows à mon sens...) et je fais mumuse avec le GNOME Shell, voire même avec les dépôts de Tumbleweed (la rolling release d'openSUSE).
Rien à redire de l'expérience linuxienne : lancer Chromium est identique quel que soit l'OS, et pour le reste vu que je travaille surtout avec des outils issus de l'open source, je retrouve la même chose également (GIMP, Libre Office (même si je dois souvent produire des document sous MS Office... bonjour la compatibilité)...).
Gros bémol : pas de pilote propriétaire pour la vieille Radeon intégrée, donc des performances qui me semblent quand même en deçà de ce qu'elles devraient être (malgré l'âge avancé du vénérable ordinateur...).

Pourtant j'ai voulu quand même tester la version d'essai publique de Windows 8 sur mon deuxième portable (je suis très conservateur dans l'âme), et quelle ne fut pas ma surprise vis à vis de la prise en main du bestiaux... Que ce soit clair, je suis à la base fan de Metro, pardon ModernUI, depuis l'avènement de Windows Phone 7, le style sobre et épuré me bluffe et me ferait presque (j'ai bien dit presque...) regretter mon allégeance à Android. Cependant, ce qui est adapté à l'usage tactile ne l'est pas forcément à la souris et au clavier (et vice versa).
Alors oui, il y a un semblant de bureau avec une barre des tâches sans menu démarrer (???) pour pouvoir utiliser les bons vieux exécutables, mais le futur proche annoncé est la généralisation des applications sauce ModernUI. Parfait pour des petites applications à la sauce tablette/téléphone, mais je reste circonspect quand à l'efficacité au quotidien de la solution.
Je dois reconnaître que mon jugement est surement durci à l'encontre du nouveau Windows car son démarrage sur mon vieux PC est lent... très lent... TROP LENT !!! Là où même un Vista s'ouvrait en 2 minutes, il lui en faut presque 5 pour daigner m'afficher le merdier les tuiles... Par ailleurs la carte graphique intégrée n'ayant pas de pilotes spécifiques pour Windows 8, la sale résolution a achevé de me dégoûter de la bête.
Ce qui me rassure, c'est qu'il semble que je ne sois pas le seul dérouté par 8... On verra bien si un jour je change de PC si j'aurais envie de m'y plonger plus en détail.

Enfin, sur mon "fixe", j'ai profité de l'existence de Wubi pour faire un test d'Ubuntu 12.10.
Wubi est un outils génial dans le sens ou il permet d'installer Ubuntu à partir de Windows dans un fichier qui lui fait office de système de fichier indépendant, tout en restant dans le giron dudit Windows, donc sans aucun effet adverse pour l'environnement de base de l'ordinateur (tellement vrai quand vous avez une partition de restauration du bouzin, gaffe à rien lui faire à celle-là...).
Un simple redémarrage permet de switcher entre les 2 OS sans que Ubuntu ne soit pénalisé par une virtualisation. A priori, le seul souci vient d'une perte de performance dûe à l'installation au sein d'un système de fichier de Windows, moins adapté qu'un bon vrai partitionnement. Mais rien de bien méchant, la bête tournant au petit oignons.
Au sujet d'Ubuntu : Unity ou on aime ou on n'aime pas, le fait est qu'à moins de tenter l'aventure avec une des variantes comme Kubuntu, on ne peut pas y couper... Finalement, la prise en main n'est pas si désagréable que çà, et l'on retrouve des repères "à la Windows" dès que l'on comprend que le dock latéral est à peu près équivalent à la barre des tâches avec les raccourcis ancrés dessus. Le plus déstabilisant reste les menus ds applications qui se fondent à la barre supérieure mais qui n'apparaissent qu'au survol de la souris... une petite habitude à prendre.
Comme pour son petit camarade openSUSE, ma logithèque ne s'est pas trouvée trop pénalisée, et j'irais même jusqu'à vous avouer qu'au jour d'aujourd'hui il est devenu mon système préféré à l'usage (ne reste plus qu'à configurer Insync pour avoir ma synchro Google Drive et mon petit monde sera parfait...).

En conclusion, le monde de l'informatique est plus que jamais à un tournant dans l'histoire des OS, de par le bon en avant de Microsoft pour Windows 8 qui oblige les utilisateurs à se remettre en question et non plus à se cramponner comme de simples mollusques à leurs petits habitudes acquises au fil du temps. Le créneau est à saisir pour les distributions Linux, d'autant plus que leur maturité n'est plus à démontrer (ma tablette graphique et mon imprimante fonctionnent sans que j'ai eu à faire quoi que ce soit niveau driver, que demander de plus ?) et que les questions d'ergonomie pour l'utilisateur lambda sont à l'ordre du jour, n'en déplaisent aux puristes des commandes en terminal (un coup à prendre, je le faisais bien sous DOS à l'époque de Windows 3.11...).

La partie ne fait que commencer, pour notre plus grand plaisir amis utilisateurs...
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Les promenades du rêveur solitaire - La chapelle Saint André de Biguglia en octobre 2012



Hier la chapelle Sainte Marie de la commune de mon enfance, aujourd'hui la chapelle Saint André de la commune où je réside. Le temps est incroyablement beau en cette fin octobre, mais par rapport à la veille incroyablement plus froid. Pour Furiani je n'avais qu'un t-shirt en coron léger et encore il faisait très bon , pour Biguglia je suis passé à la polaire. Ceci me fait prendre conscience que je dois rester vigilant quand à l'équipement que j'amène avec moi dans ces escapades. En admettant qu'il puisse m'arriver quoi que ce soit qui me retarderait dans mon parcours, ou que la mauvaise météo me rattrape, je ne tiens pas à grossir la rubrique dans fais divers, catégorie randonneur imprudent.

Mais passons. J'accède aux hauteurs du village de Biguglia d'où le tracé part juste derrière un petit lavoir. Un escalier de béton brut marque le début de la piste à suivre. Çà ne me semble pas très naturel mais je sais que les choses vont changer bientôt vu que les ruines de la chapelle Saint André où je veux aller sont en pleine nature et surtout loin des habitations. Le petit sentier forestier est sympathique, pas encore abrupt, et laisse entrevoir le désormais panorama classique de l'étang de Biguglia et d'une part de plus en plus importante de la plaine à mesure que l'on grimpe. Quelques pagliaghji en ruine agrémentent le tout alors même que le chemin perd de sa netteté de part les feuilles mortes qui jonchent le pied des arbres environnants. Mais rien de bien sorcier jusque là, ayant croisé un panneau avec un laconique mais utile « CHAPELLE » un peu avant. Panneau que je redresse quelque peu d'ailleurs, les aléas de la météo et un entretien tout relatif à mon avis l'ayant quelque peu chahuté.

A mesure que l'altitude croit, les arbres se raréfient pour laisser place au maquis de bruyères entrelacées de joyeusetés à épine qui vous font apprécier une tenue couvrante en lieu et place d'une légère, même si le froid sec de la journée la justifiait déjà comme annoncé plus haut. La route rétrécit drastiquement, je suis ce qui semble être une rigole formée par l'écoulement des eaux de pluie où j'ai parfois juste la place de passer sans me faufiler malgré mon petit gabarit. Çà commence à tirer sur les cuisses vu que la pente augmente. C'est l'archétype même du passage que je n'aime pas dans mes promenades : la visibilité éteint restreinte par la densité de la végétation, vous êtes contraints bon gré mal gré de suivre cette unique voie en espérant ne pas avoir loupé une bifurcation semi-emmurée d'arbustes ayant trop poussé l'été.

La montagne semble encore haute, le vent se lève, accentuant l'impression de froid qui traverse un peu ma polaire. J'ai bien un coupe-vent dans mon équipement mais c'est encore supportable donc pas d'urgence à l'enfiler. La végétation devient désormais presque rase, la vue se dégage sur le sommet en face de moi, mais également sur la plaine derrière, que la vision balaie largement de par la netteté de l'horizon épuré par le souffle du vent. La chapelle est désormais en vue. Du moins ce qu'il en reste. En effet, le temps a fait sur elle son œuvre de destruction : seul subsiste réellement le mur à l'arrière de ce qui a du être l'autel. Une croix de bois s'y dresse avec une petite plaque à la mémoire d'une personne disparue. J'ai mis un peu de temps avant d'oser pénétrer dans les ruines. Les lieux sacrés ont mon profond respect même si je ne l'exprime pas en dehors de ces rares moments où je les côtoie encore.

Le moment est solennel : seul au milieu de nulle part, dans les vestiges de la chapelle du saint patron de ma ville actuelle, avec près de mille ans d'histoire sous mes pas. Une nouvelle fois la plaine s'offre à moi en bas, toujours aussi magnifique à mes yeux malgré sa relative morosité quand on la compare aux rivages tourmentés du cap, de la Balagne ou du sud, ou bien aux mont et vallées du centre. Pourtant, en tant que bastiais de souche, ayant migré progressivement vers la périphérie sud, j'y suis attaché comme l'enfant aime sa mère sans se soucier aucunement de son apparence.

Il fait de plus en plus frais, je dois me résoudre à redescendre, d’autant plus que les nuages qui passent furtivement devant les rayons du soleil tendent à faire encore chuter la température par moments. La descente est aussi délectable que la montée vu que j'ai ce paysage de carte postale décrit plus haut devant moi. Et quand bien même je traverse la forêt qui me bouche la vue sur les alentours, je suis tout de même heureux d'avoir pu, si près de chez moi pourtant, profiter d'une piste à l'histoire intimement liée à Biguglia.
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Les promenades du rêveur solitaire : La chapelle Sainte Marie de Furiani en octobre 2012



Le temps n'est ni au beau fixe ni à la pluie, mon envie aussi d'ailleurs. Serais-je déjà las après un seul mois de promenades ? Non je ne crois pas. Simplement je tempère mes ardeurs qui m'ont poussé jusque là à partir pour des trajets parfois plus longs en voiture qu'à pied. Et puis j'ai envie de rendre mes sorties plus utiles dans un certain sens, mieux noter ce que je peux observer dans cette nature qui s'offre brute à moi, au détours de ces sentiers semi sauvages. J'ai réveillé mes connaissances botaniques et mycologiques, mais les lacunes dues à quelques années déjà de nonchalance intellectuelle à ce sujet sont déjà là. Il faut que je me remette dans le bain, que je retrouve mes fondamentaux pour paraphraser nos amis sportifs interviewés qui servent des platitudes sur fond de joli langage mal maîtrisé. Mais laissons de côté ces digressions et revenons-en au but initial du récit : pourquoi visiter Furiani, la commune où j'ai pourtant passé plus de vingt ans de ma vie ?

Deux raisons : une bassement terre à terre et l'autre plus psychanalytique par certains aspects. Primo, c'est le ratio distance-intérêt du circuit. Dix minutes de trajet de chez moi au sommet du village où le départ se fera, moins de deux heures de marche et pas de difficultés particulières, donc du pain béni. De plus j'y croiserai certainement les mêmes essences, mais avec le temps légèrement pluvieux qui a précédé, j'ai espoir de trouver de nouveaux champignons. Secundo, j'ai déjà eu l'occasion il y a près de quinze ans de faire ce circuit avec ma famille. De celui-ci ne me reste que des bribes de souvenirs, mais j'ai envie de renouer avec ce passé que j'ai vécu, et pourtant déjà si lointain.

C'est donc décidé, je pars pour Sainte Marie. Les images du village de Furiani où je n'étais plus retourné depuis me reviennent peu à peu comme ces flashes que l'on vous montre à la télévision et qui sont justement sensés figurer la résurgence de souvenirs plus ou moins enfouis. Je ressens cette sensation presque étrange de déjà vu mais sans être capable d'affirmer si c'est bien le cas où si mon cerveau me fait un amalgame des images de mes précédentes balades vu que je les accumule en un laps de temps court depuis que je m'y suis mis.

Le sentier n'est pas franchement intéressant, carrossable au moins par des motos si l'on s'en réfère aux traces de pneus au sol, les bas côtés ne présentent souvent qu'un gazon plus ou moins dru et touffu, alors que le maquis dense et impénétrable vous cerne. Heureusement la vue sur la plaine et l'étang rattrape un peu cela, même si le temps reste nuageux vers le littoral. J'atteins bientôt la petite zone boisée du parcours. Le sentier devient plus rocailleux et de fait les traces de véhicules disparaissent, ce qui redonne son caractère authentique à cette petite piste ancestrale. Un petit ruisseau juste en bas chante sa douce sérénade aquatique qui a le don de vous apaiser un esprit fatigué et endurci par les tracas quotidiens. Quelques espèces de champignons pointent déjà dans l'herbe rase des bords de route : une amanite panthère décolorée par la pluie, des russules tout aussi blanchies, et plus étonnant : un clathre rouge qui tranchait nettement niveau couleur avec le gazon sur lequel il avait poussé. N'en ayant jamais observé réellement, je dois avouer avoir ressenti une certaine satisfaction en voyant cette grille rubiconde, apparence improbable pour un champignon.

La forêt s'éloigne et la chapelle apparaît déjà au loin. Le sentier est certes tortueux à ce moment et décrit apparemment une grande boucle mais je sais que le périple touche à son but. J'en profite pour ramasser une coulemelle énorme. Ce n'est pas un comestible hors-pairs, mais au moins a-t-il le mérite de ne laisser planer aucun doute quant à son identité de par son aspect général et un seul d'entre eux vous suffit pour une bonne petite omelette pour célibataire. En le ramassant je tombe sur de petites colchique qui m'indique bien que nous sommes en automne malgré le temps clément qui tend pour une fois à s'éclaircir alors même que je suis en extérieur. Même la météo m'accepte dorénavant, je m'en sentirais presque flatté...

Peu avant d'atteindre le muret d'enceinte de la chapelle je croise également deux chevaux qui broutent l'herbe rase. Les vaches sont monnaie courante, les cochons aussi selon les régions. Mais les équidés de toute sorte, y compris nos bon vieux ânes le sont moins.

Il fait beau maintenant, mais le portail de l'enceinte de la chapelle est clos. Dommage d'avoir fait le chemin pour s'arrêter si près du but... ou pas. Le mur est en fait un muret de pierre pas franchement haut. Je n'aime pas violer les lieux clos, particulièrement s'ils ont un caractère sacré, mais j'ai envie de m'approcher de la petite église que convoite. Un petit bon et c'est fait je peux assouvir mon envie. Je le confesse, la chapelle en elle-même n'est pas extraordinaire, mais je ne suis pas du genre à m'arrêter à ce genre de détails esthétiques futiles. Un peu comme pour Saint Jean de Mandriale, c'est la symbolique du lieu de culte passé et encore lieu de pèlerinage qui compte. La dévotion humaine qui a entouré ces petites bâtisses isolées me semble tellement incompréhensible à moi, le déclaré athée cartésien pragmatique, que cette seule idée de temps consacré à la cause religieuse me donne envie de consacrer à mon tour du temps pour tenter de la comprendre. La démarche peut sembler paradoxale, mais je reste un empirique : si je ne teste pas les choses, je ne peux décemment pas prétendre les critiquer. Le corollaire est que de par la connaissance des choses acquise de cette façon, je suis bien souvent plus tolérant envers elles et tâche d'en devenir un défenseur à mon tour.

Une fois mon petit tour effectué, je note que le sentier emprunté continue encore un peu à côté du lieu saint. J'ai du temps à tuer vu qu'il fait dorénavant très beau et que l'ascension a été relativement brève. Un petit jardin d'Eden semble s'offrir à moi : de toutes part des arbousiers et leurs délicieux fruits me soumette à la tentation à laquelle je ne saurais résister de trop, des plants de nepita (la fausse marjolaine) et leur odeur qui réveille mon enfance poussent à flanc de talus, si bien que j'en déracine un entier de son sol meuble et décide de le rapporter à mes parents pour qu'ils puissent le faire pousser. Une réflexion me traverse l'esprit : le maquis, même à l'heure actuelle, nous offre de quoi subsister pour peu qu'on le connaisse un peu et qu'on sache rester raisonnable sur ce que l'on y prélève. Je me rappelle l'objet même de ma thèse : démontrer que le savoir ancestral de l'île concernant les usages médicinaux possible de la flore locale se devait d'être perpétué. Et d'ailleurs, j'avais même appris au cours de mes recherches que notre chère flore présentait de véritables spécificités qui en font un gisement de ressources végétales convoité mondialement. Je pense surtout à la renouée maritime, « l'erba sciappa-petra » que les touristes avaient pour habitude de piller éhontément, et qui depuis a été classée comme espèce protégée, ou à l'immortelle, dont l'huile essentielle précieuse connaît un regain d'intérêt pour ses propriétés intrinsèques, tant sur le plan médical que cosmétique.

M'apercevant que le chemin descend encore, peut-être même jusqu'à la plaine, je rebrousse chemin et regagne tranquillement le village de Furiani, alors que je croise déjà d'autres promeneurs et coureurs. J'ai cette idée qui me germe alors dans la tête de voir si je ne pourrais pas joindre l'utile à l'agréable en reprenant mes travaux et en tâchant de les réactualiser en fonction cette fois-ci non plus de témoignages recueillis, mais de mes propres observations.
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Mycologie vers Poggio-Marinaccio



Depuis que j'ai commencé mes circuits en pleine nature, je tente malgré mon besoin de solitude salvatrice pour mon esprit de rallier mes amis à ma nouvelle occupation. Sans succès jusqu'à présent. Suis-je donc si peu convaincant ou digne d'intérêt, ou bien n'ai dans mon giron que des loques ? Je suis un peu dur mais ce doit être l'aveuglement de l'inexpérience qui parle.

D’autant plus que j'ai enfin une proposition spontanée de balade pour aller cueillir des châtaignes dont c'est la saison. Le temps est gris mais stable. On finit par pouvoir prévoir son évolution à force d'observation. Je choisis de me laisser guider cette fois, pas d'obligation d'aucune sorte à imposer à qui me fait la faveur de partager mon nouveau hobby. Je m'aperçois par contre que nous choisirons notre destination à l'instinct : nous nous enfonçons au cœur de la Castaniccia sans vraiment savoir où nous atterrirons. Qu'importe, le but premier étant le ramassage des fruits emblématiques de l'île, nous savons au moins que nous ne repartirons pas bredouille dans les environs...

Nous dépassons Orezza, où j'observe pour la première fois la source d'où l'eau éponyme est tirée. Je sais que celle vendue actuellement n'a pas grand chose à voir avec la véritable eau ferrugineuse d'Orezza, mais il se comprend aisément que l'arôme du métal dissout puisse gêner les papilles de certains. Mais laissons-là ces considérations mercantiles et focalisons-nous sur l'objet premier de notre sortie. Après moult discussions et négociations sur l'intérêt de s'arrêter à tel ou tel endroit plutôt qu'un autre, nous jetons notre dévolu sur les environs de Poggio-Marrinaccio au détour d'un sentier étroit. Pour ma part, je fais plus attention au panneau indiquant la présence d'un couvent dédié à Saint Blaise qu'à la présence ou non de châtaigniers, mais je choisis de respecter la volonté de mon chauffeur : nous y jetterons un œil s'il le veut bien seulement.

La cueillette débute non loin de ruches visibles sur une propriété privée délimitée par quelque clôture barbelée en piteux état. De toute manière, les visiteurs susceptibles d'incursion doivent être peu nombreux dans les environs vu que l'endroit est tout de même fort reculé... Le bourdonnement des abeilles est de plus dissuasif et nous maintient à distance. Nous nous enfonçons dans la forêt de châtaigniers sans pour autant trop nous éloigner du chemin qui mène au couvent, au moins aurons-nous un repère aisé à retrouver si la pluie nous surprend malgré tout. La cueillette suis son court, les bogues vides sont pourtant déjà nombreuses et nous comprenons vite pourquoi quand nous voyons une petite horde de cochons semi sauvage traverser la forêt. Bien que placides la plupart du temps, nous évitons de nous en approcher pour ne pas exciter les mères qui veillent sur leur porcelets. Étant très friands de la châtaigne qui de par sa teneur en sucre est un met royal pour la vie sauvage, les porcs semblent être bien portants même si leur caractère sauvage apparaît chez certains vu la ressemblance avec les sangliers avec qui ils ont du se croiser.

Les châtaignes n'étant pas vraiment une chose dont je raffole en l'état, je prête plus attention aux espèces végétales que je peux observer, et tombe sur quelques jolis spécimens de champignons : de belles langues de bœuf bien visqueuses sur les souches, un petit cercle de girolles que je cueille avidement pour ma consommation personnelle, mais aussi ce que je pense être des cortinaires des montagnes d'après leur aspect général et surtout leur couleur de rocou caractéristique. Ceux-ci étant mortels, j'en profite pour dispenser les bribes de mon savoir qui revient plutôt facilement à mon grand étonnement. Je suis content de pourvoir le faire, çà faisait tellement longtemps que je n'avais pas fait appel à mes connaissances que je ne soupçonnais même plus qu'elles pouvaient se réactiver.

Une fois le plein fait, je propose tout de même de grimper un peu le chemin qui mène à Saint Blaise afin de pouvoir profiter des monuments locaux. A mon grand ravissement, ma proposition est acceptée et nous avançons tranquillement le long de ce petit sentier qui grimpe vers Poggio-Marinaccio. Peu avant d'arriver au hameau, nous tombons sur le couvent et un petit cimetière. Je note qu'il y a vraiment beaucoup de tombeaux à proximité de nos villages isolés et pense que c'est à la fois morbide et touchant de respect envers ceux qui nous ont quitté... Il n'y a pas grand chose en plus à voir, de toute manière, quand je ne suis pas seul je ne ressens pas ce besoin d'exploration libre que j'ai par ailleurs. Je n'aime pas avoir à quémander ni à me justifier, donc il est plus simple de se plier sans broncher aux quatre volontés des mes accompagnants. Bah, après tout j'ai réussi à m'approcher du lieu saint du petit hameau, avec ce triste temps gris c'est bien suffisant.

Nous rentrons donc tranquillement profiter du fruit de nos cueillettes respectives. Au moins perpétuons-nous les traditions culinaires séculaires de l'île, et d'une certaine façon la mémoire de ses villages. Aujourd'hui je sais que je dois ajouter ma pierre à cet édifice qui défiera le temps pour peu que les nouvelles générations s'en donnent la peine...
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Les yeux plus gros que le ventre


Non, je ne vous ferais pas l'exposé d'une quelconque recette culinaire (bien que je me débrouille plutôt bien pour un trentenaire célibataire... merci Marmiton.org), mais juste vous faire part de quelques réflexions personnelles concernant ce que l'on appelle déjà la taxe Google.

Les faits résumés : en France, on souhaiterait taxer les moteurs de recherche (d'où le "Google") pour le référencement du contenu Internet des médias (principalement les "vieux" médias papiers).
Ma première réaction à ce sujet à été un certain étonnement à ce qu'on veuille être payé pour bénéficier d'une pub gratuite, les moteurs de recherche étant tout de même le moyen le plus simple et rapide de se faire connaître sur la toile. Là pub, l'argent de la pub et le c*l de la publicitaire en somme.

Cette idée saugrenue émise par lesdits médias bien entendu, mais pire, relayé par Aurélie FILIPPETTI, notre actuelle ministre de la culture... Google (pour ne pas le citer) a bien sûr réagi en décidant de ne pas se laisser faire par la bande d'irréductibles gaulois en menaçant si cette décision était adoptée de ne plus référencer les sites d'infos français.

L'affaire étant toujours en cours, on verra bien (ou pas si la menace est exécutée...) où ceci nous mènera.

Au delà de la simple guéguerre concernant de possibles gros sous (après tout c'est le nerf de la guerre dans notre société, qu'on l'accepte ou pas), on peut regretter surtout l'affichage si flagrant de la cupidité des grands groupes pour qui Internet n'est qu'un support de profits supplémentaires à réaliser. L'inquiétude qui se dessine derrière cette situation est celle de voir un jour tout contenu copyrighté et bloqué, alors même que l'essence même de l'information est d'être rendue publique.
Que vous payiez pour avoir votre journal papier (ou une version électronique  avec l'intégralité des articles, ceci est tout à fait normal, les rédacteurs doivent bien vivre aussi. mais pourquoi scier la branche sur laquelle on est assis en voulant brider l'accès à l'information "de base" (celle sans valeur ajoutée, souvent copié-collé de la dépêche d'ailleurs...) qui attire les lecteurs potentiels ?

S'attaquer à vos principaux afficheurs n'est peut-être pas la plus grande idée qui soit, surtout quand il s'agit de groupes d'envergure mondiale qui n'ont pas besoin de vous pour exister. A vouloir être trop gourmands on fini souvent en indigestion...
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Les promenades du rêveur solitaire - Erbalunga en octobre 2012


Mon obsession des sommets me conduit finalement à vouloir m'enfoncer sous terre. Ou plutôt le fait que je doive temporiser ma future expédition de par mon emploi du temps et la météo trop souvent brumeuse ces derniers temps font que je décide de varier les plaisirs de mes escapades en tentant d'observer des choses encore inédites pour moi alors. Les sentiers gentillets que j'ai suivi jusqu'à présent semblent un peu répétitifs, il me faut de la fraîcheur, quelque chose qui me surprendra moi-même dans sa réalisation.

Quoi de mieux dans ce cas que l'exploration de la grotte de Brando ? Pas très éloignée en distance, peu de marche à prévoir pour l'atteindre, et surtout une exploration vraiment inédite dans le sens où je n'ai jamais été dans une grotte de ma vie. L'obscurité et le confinement ne sont pas vraiment ma tasse de thé en temps normal, je ne sis pas vraiment comment je réagirais une fois là-bas, mais je me ragaillardi en pensant que qui ne tente rien n'a rien au final. A quoi bon risquer de regretter quelque chose que l'on ne s'est même pas donné la peine de tenter ? Au pire, je rebrousse chemin, rentre chez moi et fais comme si rien ne s'était passé si je ne veux vraiment pas perdre la face.

J'arrive devant les anciennes glacières au bord de la route du Cap. Combien de fois les ai-je croisées, combien de fois les ai-je tout autant ignoré royalement ? Je repense encore à la bêtise qui fut mienne de passer à côté de ces petites sorties faciles et sympathique à côté desquelles je suis passé à l'heure de ma glorieuse et prime jeunesse. La faute aux autres qui ne m'ont jamais poussé, la faute à moi qui restait passivement à attendre que çà se passe. Comme disait l'autre, le changement c'est maintenant, j'ai décidé de vivre, je ne m'arrêterai pas en si bon chemin.

Le chemin qui mène à la grotte est très court mais présente le mérite de me permettre de découvrir l'envers du décors de ce lieux souvent observé : de longues marches qui grimpent, bordées de murs végétaux où l'eau suinte par endroit, le clapotis d'une rigole où l'excès de pluie des jours précédents s'en va vers la mer, et en face la forêt où le chemin va s'enfoncer en serpentant. Les premières glacières de pierre montrent vite le bout du nez, l'architecture est certes sommaire mais la somme de travail pour les fabriquer mérite d'être saluée. On dirait d'ailleurs plus de petits abris en forme d’alcôve que des lieux de stockage de la glace, mais quand on connais l'historique du lieu le doute n'est pas permis.
J'arrive au pied d'une immense falaise ou ce qui ressemble de loin à une sorte de cachot avec sa fenêtre protégée par des barreaux jouxte un édifice accolé à la roche même. Je ne comprend pas immédiatement que cette prison est en fait la grotte dont l'entrée a reçu un semblant d'aménagement, certainement pour en optimiser l'usage. Ce n'est qu'en pénétrant dedans que je trouve jeté sur le côté une notice explicative sur le fait que le lieux est sur une propriété privée et que grosso modo le propriétaire en autorise l'accès moyennant son entretien.

Il est tôt dans l'après midi, la journée est ensoleillée mais déjà cette entrée semi-close empêche une bonne partie de la luminosité de pénétrer profondément sous la terre. J'aperçois seulement des marches grossière qui s'enfonce plus haut et plus profond au cœur de la montagne. Le doute m'envahit, le silence environnant n'est finalement pas rassurant quand vous avez pour objectif de pénétrer pour la première fois de votre existence une grotte, qui plus est seul et juste armé d'une lampe torche. J'use et abuse déjà de cette lumière pour tenter de découvrir les parois de la cavité et éviter toute surprise. Déjà qu'en temps normal je ne tolère que le planifié, je me vois mal sursauter seul au fond des ténèbres et frôler l'infarctus.
Et puis zut. Je m'élance enfin. J'avance lentement, chaque marche marque pour moi une nouvelle étape à franchir, et ma lampe voit son faisceau balayer tout l'environnement autour de moi, à la fois en quête du moindre danger, mais aussi afin d'en révéler les formes. Car oui, je ne suis pas rassuré mais à ce stade je veux profiter de mon expérience et pouvoir observer un maximum de détails lors de cette promenade spéléologique. J'admire les veines de quartz présentes au milieu de l'éclat doré pailleté de la roche. Celle-ci a d'ailleurs un aspect entre la pulvérulent, l'humide et le vernis. Je me surprends plus d'une fois à toucher la matière pour m'assurer de son essence réelle et un peu aussi de sa solidité vu que je n'apprécierai pas vraiment d'avoir un tombeau, certes pharaonique mais au final tombeau toujours, sur le coin dru crâne...

Je suis par ailleurs surpris par le fait que la grotte est en fait ascendante au sein de la montagne. On est loin de l'image du boyau qui s'enfonce toujours plus vers les entrailles de la terre. C'en est troublant d'une certaine façon. Je note que les stalactites se font rares, j'apprends par la suite pourquoi : les visiteurs précédents se sont semble-t-il fait une joie de rapporter quelques souvenirs chez eux. J'avoue être le premier à tâter les roches pendantes, mais comme je l'ai déjà expliqué, c'est surtout pour vérifier la solidité de l'ouvrage. Les stalagmites sont par contre encore là, et beaucoup d'entre elles m'évoquent des sortes de statuettes presque à effigie humaine, mon esprit doit commencer à me jouer des tours dans cet environnement oppressant de silence et de noirceur.

J'arrive enfin dans la salle finale. Une sorte de table de pierre y siège près de ce qui sera bientôt, ou qui a été, une colonne. Nul doute alors que la grotte avait pour principale fonction celle de glacière. Une relative fraîcheur y règne d'ailleurs, donc je suppose que remplie de neige qui se compactait seul au fil du temps, la température devait y baisser drastiquement, et surtout la couche de terre et roches par dessus devait valoir tous les isolants moderne pour la conserver longtemps. Je ne suis qu'à une trentaine de mètres de l'entrée mais le parcours me semble avoir duré une éternité. Une fois les dernières images mentales imprimées, je me décide de rebrousser chemin, mon esprit ne tardera pas à me jouer de vilains tours en l'absence de tout stimulus sonore ou visuel marqué. La moindre ombre que ma torche crée, le moindre bruit d'une goutte d'eau qui tombe du plafond, plus le bruit de mes propres pas et de ma respiration deviennent autant d’agressions que ma raison doit endurer. Je dois par ailleurs faire attention à ne pas trébucher dans la descente du retour vu que mes chaussures adhèrent mal à la roche brute des marches.

Je sors, comme si je venais d'échapper à une horde de fantômes retenus à l'intérieur de la caverne par la crainte des rayons du soleil que je n'ai jamais été aussi heureux de revoir de ma vie je crois. Après quelques minutes, je retrouve mes esprits, suis fier de moi pour avoir osé commettre l'impensable, et décide de visiter les hauteurs vu que je vois un escalier qui permets d'accéder au sommet de la falaise. J'accède alors à une successions de terrasses plus ou moins aménagées avec ces sempiternelles tables de pierre qui semble caractériser les environs. Le panorama est magnifique, j'ai l'impression d'avoir la mer à mes pieds vu que la falaise est plutôt raide et la Méditerranée plutôt proche.

J’aperçois une sorte de vielle maison encore plus haut, je me décide te tenter d'y aller. C'est comme si j'avais besoin de la lumière du jour pour compenser ma première partie de promenade dans les ténèbres. Je suis de petits sentier au sein d'un maquis épais qui me borde. Avant d’arriver à cette édifice, j'ai la chance de pouvoir visiter une autre glacière de construction à mon avis ultérieure à celle des étages inférieurs mais de fait lus aboutie et en meilleur état général. J'accède ensuite à la maison en ruine, je n'y pénètre que furtivement, le planché dans la pièce juste à ma droite est effondré, je n'ai pas envie de tenter le diable après avoir violé son sanctuaire souterrain juste avant, la défiance a ses limites tout de même.

J'aurais encore pu m'enfoncer dans le maquis, mais je n'en ai plus envie. Je ne sais pas jusqu'à quel point je trouverai encore des choses intéressantes à y observer, et le contrecoup de la grotte en terme de lassitude commence à poindre. J'ai été semble-t-il plus affecté que je ne le pensais en sortant. Et surtout je n'ai tablé que sur une escapade courte, donc mes obligations artificielles d'homme moderne toujours sollicité par les futilités superflues d'un quotidien répétitifs me font la vie dure...

Au moins ai-je compris que je pouvais vaincre mes appréhensions envers des épreuves inédites si je m'en donnais la peine. Mon entraînement comme randonneur-marcheur prendrait presque des allures de quête initiatique où le héros doit affûter son corps et son esprit avant d'accomplir son destin. Bientôt je m'attaquerai à toi monte Stellu...  
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De la bagarre vécue pour passer à Gnome 3.6


Juste un petit billet pour faire état de ma toute jeune (in)expérience linuxienne...

Comme vous le savez peut-être d'après mes posts précédents, je m'adonne un peu au monde de Linux sous openSUSE 12.2 sur un vieux portable pour me faire la main (et prévoir le futur vu que Windows 8 est trop déroutant sur PC à mon sens et que 7 ne sera pas maintenu éternellement...).

J'ai donc voulu passer Gnome en version 3.6 à l'aide de ce tuto. Je ne sais pas si çà vient du matériel un peu agé (5 ans quand même...) avec une accélération graphique quasi inexistante de par des pilotes ATI introuvables pour le chipset intégré, mais j'ai un peu galéré même en copié-collé des lignes de commandes...

Après quelques erreurs surement dues aux fichiers de configurations, j'ai enfin pu goûté au précieux... Et n'ai pas été trop dérouté vu que l'ensemble reste du Gnome 3 avec ses conventions (très controversées, mais je me sens plus attiré par lui que par KDE... les goût et les couleurs, hein...). Hormis quelques lignes pas (encore ?) traduites, le tout semble au moins aussi stable et fonctionnel que la version 3.4, voir un poil plus réactif.

A voir sur le long terme...
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Les promenades du rêveur solitaire - De Mandriale à la chapelle Saint Jean en octobre 2012



Le début des choses sérieuses. En terme de dénivelé en tout cas. Avant d'entamer ce circuit, je dois dire que je n'avais pas vraiment idée de la pente que je devrais gravir pour atteindre cette petite chapelle qui marque un nouvel accès au monte Stellu ainsi qu'au reste des sentiers du cap. Je me considère comme en assez bonne condition physique, mais mes jambes ont été mises à rude épreuve par cette ascension, ou du moins m'a-t-elle échauffé les cuisses comme il se doit.

Le parcours est bien indiqué, si bien que je ne visite même pas le hameau de Mandriale pour me focaliser sur le but, soit, j'y reviendrais plus tard de toute manière vu que je n'ai pas oublié mon envie de gravir le Stellu tôt ou tard... Le sentier ascendant donne d'emblée le ton de la marche qui m'attend, à flanc de montagne, plutôt étroit et rocailleux mais unique, ce qui est utile pour qui ne veut pas finir à errer sur les sommets environnants.

A mesure que je monte et me repais du panorama sublime du village de Mandriale avec le clocher de l'église Sainte Marie qui rapetisse de plus en plus avec la Méditerranée qui apparaît enchâssée entre les montagnes au fond, et tout autour ces hautes collines qui semblent si douces, et pourtant déjà très hautes. Ces rochers abrupts me surplombant, et la forêt qui lentement s'installe en lieu et place de la végétation rase de la sortie du hameau... Le corps est mis à rude épreuve mais l'esprit est récompensé une nouvelle fois. Je m’aperçois bientôt que la rocaille naturelle a laissé place à d'anciennes marches d'énormes pierres sous mes pas, signe de la proximité du lieu de culte là-haut où je compte me rendre.
Je suis toujours l'inexorable sentier mais je remarque tantôt qu'un banc de brume fait de même sur les montagnes en face. Serait-je encore une fois victime des caprices du temps ? Le soleil est toujours si radieux en bas, je le vois, pourquoi en serait-il autrement à une distance si courte à vol d'oiseau ? Il n'y a qu'un chemin de toute manière, donc je grimpe encore malgré cette ombre qui plane non loin.
La forêt cède sa place à une pente toute de roche dénudée, tout juste vêtue de quelques touffes d'herbes rases pour l'agrémenter. Je sais que je dois encore grimper, mais l'absence de sentier net et la présence de la nuée non loin me font douter du bien fondé de ma démarche : que feras-tu si tu te laisse prendre dans un vrai banc de brouillard si le sommet est similaire à ce paysage désolé ? J'aperçois alors heureusement des cairns dressés par mes prédécesseurs pour pallier à ce genre de déconvenue, et d'ailleurs, le flanc de la montagne à ma gauche constitue le dernier repère fixe qui me convainc de poursuivre.

Je grimpe encore, un peu las je dois dire, mais les efforts paient : la chapelle se dessine comme une vision miraculeuse au sommet dans un trou de ciel bleu au milieu de ce nuage bas qui m'étreint alors de toute part avec son humidité qui vous glacerait presque les os malgré la saison douce. Je la rallie et s'offre à moi une vision d'un havre de paix hors des tourments du monde d'en-bas et qui contraste étonnement avec les paysages rocailleux alentours. La petite bâtisse de pierre est entourée complètement d'un tapis dense d'herbe rase et bien verte, si bien qu'on le croirait faux. De petits bancs de bois sont disposés çà et la autour, un refuge lui a été adjoint à l'arrière, avec les signes d'un foyer de barbecue actif récemment. Les randonneurs ont du être nombreux pendant la saison estivale à passer par là, d'autant plus qu'une fontaine a été aménagée dans un rocher juste à côté. Un panneau de bois indique l’altitude et la direction du monte Stellu et du Cimone, apparemment équidistants. Un petit sourire en coin pointe sur mon visage quand je vois que je me rapproche lentement mais sûrement de la montagne que je convoite.

Mais la brume a décidé de ne pas me laisser tranquille : peu à peu des vagues de brouillard bas et dense font jouer le paysage alentours à cache-cache. Le chemin n'est pas compliqué finalement mais il n'est pas rassurant de perdre la vision globale que l'on a sur son trajet par intermittence. Le temps presse alors, je veux rejoindre le sentier forestier où je sais que je serais moins à même de m'égarer et certainement plus protégé de l'humidité environnante.

Je presse d'abord le pas puis me rend compte que la nuée est seulement présente en hauteur, comme pour m'interdire l'accès à un endroit que je n'ai pas encore mérité de visiter. Soit. Mandriale m'apparaît peu à peu baigné de lumière, je peux ralentir un peu la marche et jouir pleinement de la flore présente. J'ai toujours aimé ces murs végétaux couverts de mousses, fougères et autres plantes affectionnant les anfractuosités. La richesse de leurs associations de formes et couleur toutes brute d'un quelconque arrangement humain est fascinante et constitue pour moi la preuve de la capacité infinie de la nature à s'adapter en toute situation.

La forêt s'efface, laissant place au sentier rocailleux avec la grande bâtisse tout au bout du hameau qui indique que l'on est arrivé. Mes cuisses brûlent un peu, le dénivelé m'a décidément bien surpris sans pour autant être rédhibitoire. Je rentre chez moi, je sais que je m'approche de mon but concernant ma quête de hauteurs...
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