Les promenades du rêveur solitaire - Les moulins de Mitile à Cagnano en janvier 2013



Première excursion de 2013, une nouvelle année d'exploration s'annonce. Pourtant, suite à des changements de programme, c'est à la va-vite que je me résous à suivre le sentier des moulins de Mitile, principalement car c'est un circuit très court malgré l'éloignement. Je n'ai en effet pas le temps de faire un circuit trop long si je ne veux pas finir ma route de nuit, et je n'ai plus de sentiers proches à explorer sous le coude.
Finalement, je me dis que ce n'est pas une si mauvaise idée de retourner relativement loin dans le cap, vu qu'après tout depuis Rogliano je m'étais cantonné à des lieux relativement proches. Le temps et les températures sont au beau fixe, cela fini de me convaincre.

Une chose m'intrigue concernant mon parcours : sa forme biscornue (au sens littéral). Je conçois aisément la boucle, je comprends l'aller-retour sur une ligne, et même les mélanges des deux, mais avoir l'impression de refaire plusieurs fois la même trotte en allant et revenant sur ces pas ne m'inspire guère... Tant pis, nous verrons bien.

Je sais que je vais traverser deux hameaux, Ortale et Piazze, avant de m'enfoncer en forêt, connaissant mon amour pour le fait de donner l’impression de rôder autour des habitations, je me hâte quant à ce passage qui n'a d'ailleurs d'intéressant que l'architecture des maisons de village croisées. J'atteins promptement un chemin descendant en escaliers de vieilles pierres jonchant le sol, la végétation reprend peu à peu ses droits, je sais que je suis bientôt libéré du carcan de la civilisation apparente. Pourtant la tâche s'avère un peu plus périlleuse que prévue : le sol est très humide, les pierres glissent, et je n'ai plus de bâton de marche pour m'épauler. Ce que je prenais pour une lubie d'enfant sur le retour s'avère être une réelle nécessité : un troisième appui me serai bien utile pour éviter la honte de se retrouver, au mieux sur le séant, au pire avec un membre cassé.

A croire que Dame Nature écoute le souhait de celui qui la découvre : je trouve çà et là des tas de branches fraîchement coupées pour ce qui semblent être des élagages d'arbres tombés ou en passe de l'être. Je chine alors, espérant trouver mon bonheur : un bâton à la fois droit, dur et de taille adaptée. Sitôt pensé, sitôt trouvé : il a la forme d'une canne de marche avec son sommet légèrement recourbé, il semble bien résister malgré la pliure et être rigide bien que le bois soit encore très frais. Il m'aidera à terminer la promenade, s'il tiens le coup, il viendra avec moi.
Dorénavant équipé pour me prémunir des chutes, je m'enfonce dans la forêt où mon sentier s'enfonce doucement. Le bruit d'un cours d'eau se fait entendre de plus en plus à mesure que je poursuis ma route. Les murs de pierre sont omniprésents, signes d'une forte activité humaine dans le passé. Je longe désormais le ruisseau qui s'avère avoir un bon débit en apparence. D'ailleurs çà semble logique vu que je suis sensé trouver des moulins au détours du sentier. Sans eau, point de force motrice pour les meules.

Un petit pont génois apparaît soudain entre les arbres non loin devant moi. Il enjambe la rivière et se fond complètement dans le chemin vu de dessus. Seul son profil trahit la patte de l'Homme sur la nature. Peu avant lui se montre enfin le premier moulin, d'ailleurs le plus imposant et intéressant à observer : imaginez un jeu de construction où, à flanc de falaise près d'un bras du cours d'eau principal, chacun aurait rajouté sa propre pièce à l'édifice. Imaginez-le avec des murs et toit quasi absents, le tout verdit par la mousse et vous serez proche de ce que j'ai observé alors.

Une fois traversé le pont, l'aller-retour jusqu'au bout des deux cornes du chemin va commencer. Au moins n'aurais-je pas de doute quant à l'itinéraire, vu que celui-ci est encore une fois bordé de murs de pierre. Je vais donc remonter le cours d'eau que j'avais descendu juste avant, première période de doute quand à ce que je vais y trouver d'intéressant. Pas grand chose en fait, deux ruines terminent cette partie avec un tronçon de route départementale en guise de marque de fin, et je ne suis d'ailleurs même pas sur que çà ait été des moulins. Mais passons, il me reste une branche du circuit à explorer. Chemin rebroussé, je tombe en effet sur de nombreuses ruines de moulins de bonne taille. Toutes ont en commun d'avoir subi de plein fouet les outrages du temps, mais en ayant conservé ce qui fait l'essence même de leur apparence. Rien qu'en les voyants, ont imagine relativement aisément ce à quoi ils devaient ressembler au temps de leur exploitation.

Je note un petit détail : les champignons sont de retour. Pendant les mois de novembre-décembre, je n'en avais plus croisé pendant mes excursions, mais là il m'arrive d'en voir quelques touffes. Rien que je n'identifie aisément hélas, mes connaissances en mycologie étant bien moindre que mes connaissances botaniques. En tout cas, ils signent bien la douceur du climat dont on bénéficie cet hiver, un froid trop intense les auraient sûrement tués.

Cette deuxième portion achevée, ne me reste qu'à remonter doucement vers mon point de départ au hameau d'Ortale. Je n'en avait pas l'impression, mais le dénivelé est quand même bien présent à défaut d'être brutal. Voir l'église du-dit hameau si haute sur la montagne en face m'en fait prendre conscience. Qu'à cela ne tienne, j'ai avec moi un efficace petit bâton qui aide mon ascension à la force de mes bras. Il a fort bien rempli son office, il m’accompagnera encore une fois que je l'aurais mis a nu, laissé séché et mis en valeur comme il se doit.

Moi qui pensais juste faire une petite balade sans prétention pour tuer le temps, me voilà ravi de la route explorée et de ce que j'y ai trouvé, tant au niveau des curiosités à y observer que de l'utilité qu'elle a eu pour moi pour m'équiper.

0 commentaires :

Enregistrer un commentaire