Les promenades du rêveur solitaire - Le couvent de Marianda en février 2013



Un récit en deux épisodes. Je me prendrais presque pour un scénariste de série à suspens. Étant déjà à Farinole pour visiter ses mines de fer, je vais également en profiter pour rejoindre les ruines du couvent de la Marianda qui domine la route d'accès au village. D'autant que les clichés que j'en ai vu sont plutôt flatteurs pour un édifice abandonné il y a plus de deux siècles, et que son accès ne me prendra que peu de temps vu que je suis sur place.

Oui, mais encore faut-il repérer le point de départ qui est sensé se situer sur le bord de la route. Le couvent est très facilement repérable vu qu'il domine les environs, mais rien ne m'a sauté aux yeux à l'aller pour y accéder. Je suis persuadé d'avoir plus de chances au retour, j'ai une carte et je sais que je peux aller tout doucement sur cette petite route presque pas fréquentée.

D'ailleurs, je finis rapidement par voir apparaître un petit panneau du même style que celui qui indiquait le sentier de la mine. Je me dis que j'ai tendance à me faire tout un monde de broutilles finalement. Je me cherche des difficultés là où il n'y a pas lieu d'en avoir. On ne se refait pas avec l'âge.

Un nouveau début de balade en forêt. Mais cette fois elle me semble plus sombre que la précédente. Ou peut-être est- le voile nuageux qui diminue l'intensité de l'ensoleillement. Rien de bien grave, je suis déjà à genou en train d'admirer les sempiternelles espèces forestières que je croise systématiquement en promenade dans les bois. C'est presque touchant quand j'y pense de voir cet émerveillement à chaque fois que j'énumère ce que je vois. Cette candeur presque enfantine, ce goût de la simplicité d'un bonheur éphémère et immédiat. J'en profite parfois pour étoffer mon palmarès d'espèces identifiées, j'ai de solides bases en botanique, mais je suis encore loin d'avoir la science infuse au sujet de tous les végétaux que je croise sur ma route. C'est d'ailleurs ceux que je n'arrive pas à nommer qui me marquent le plus, signe d'un perfectionnisme marqué. Au moins ai-je une motivation pour continuer à toujours parfaire mes connaissances. Finalement je n'ai pas plus à dire de la route du couvent en elle-même. Très courte mais agréable, rien de marquant, que ce soit en bien ou en mal.

Le couvent se montre enfin. Imposant, voir presque colossal vu que l'on finit la route brutalement à ses pieds. La façade est plutôt bien conservée, mais l'on voit d'emblée que le toit n'est plus et que les murs latéraux donnent des signes de faiblesse. L'un d'eux m'a même soumis un problème de logique. Le pan observé hors de tous les autres semble droit. Pourtant, mis en rapport avec celui avec qui il forme l'angle, on a l'impression qu'il penche dangereusement vers l'extérieur. Il va sans dire que cette vision a au moins eu le réflexe de me faire reculer de quelques pas, dans le doute.

J'assaille ce pauvre édifice mal en point de clichés, peut-être avec l'arrière pensée d'être un des dépositaires de sa dernière vision décente avant la ruine complète ? J'exagère certes, mais il est toujours affligeant de voir partir en décrépitude les monuments de notre patrimoine. Sous prétexte qu'elles n'ont plus d'utilité, doit-on laisser mourir les choses ? Si tel est le cas, quid de nous autres, futurs vieillards ?
Je m'égare. Mais après tout, un couvent n'est-il pas le lieu le plus propice par essence à ce genre de réflexion sur le sens des choses ? Si oui, alors qu'il soit dans un état si déplorable n'est pas ce qui importe. Tant que l'on saura qu'à cet endroit un couvent a été érigé, son souvenir seul, l'image véhiculée, suffiront à perpétuer sa raison d'être d'antan.

Je m'égare décidément de plus en plus. Il est vraiment temps de partir à ce stade de divagations. A trop intellectualiser les choses on finit par leur ôter leur essence même. Mes deux visites de la journée auraient mérité que je sois accompagné pour me canaliser un peu plus, et pour l'exploration des mines, et pour la découverte du lieux de culte... J'ai au moins joué les éclaireurs, encore de nouveaux endroits où je reviendrais certainement.

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