Les promenades du rêveur solitaire - Vers le Monte Astu, au départ de Lama, en septembre 2013


Il fait partie des trois. Ces trois sommets que j'ai convoités depuis mes début en tant que promeneur. Avec ses compères San Petrone et Monte Stellu, il a attisé ma convoitise depuis une année. Les deux autres ont été finalement miens, au gré de ces histoires déjà contées, à force de détermination et d'obstination à les gravir. Je ne saurais dire exactement ce qui m'a attiré vers eux. Ce ne sont pas les plus hauts, leur prestige est autre. Difficile à cerner. Peut-être est-ce cette proximité avec les foyers de populations, les monts les plus hauts au centre de l'île étant plus ou moins au milieu de déserts en terme d'âmes alentours. Le Monte Stellu est mon petit favoris, le cadet des trois, toujours face à moi le matin quand je me lève, dans son habit changeant de lumière au gré de l'heure du jour. Le San Petrone est l’aîné, celui qui m'aura résisté le plus longtemps, pour finalement révéler toute sa magnificence et cette vision sur ces deux petits frères. Le Monte Astu est le plus discret, celui sur qui j'ai le moins d'informations. Il est l'enfant du milieu : il ne démérite pas, et pourtant il n'a pas de titre spécifique, et pourtant il est partie intégrante de cette fratrie qui me fascine.

Comme pour les deux autres, c'est à la dernière minute que je me décide à partir lui rendre visite. La planification ne semble pas leur plaire, un précédent rendez-vous convenu en compagnie d'un ami pour partir arpenter ses pistes s'est soldé par une retraite anticipée, faute à la météo qui a changé en cours de route. Au même titre que le San Petrone m'avait explicitement demandé de le laisser en paix lors de ma première tentative. Le ciel semble bien dégagé, une légère brise souffle, et surtout j'ai ce pressentiment que c'est maintenant où jamais. Comme si mon instinct s'éveillait pour me dire et surtout me forcer à y aller. Je pars pour Lama, j'espère ne pas le regretter, à défaut d'être vraiment très longue, la route est tout de même certaine. Au pire j'aurais fait ma promenade de la matinée, aussi motorisée soit-elle. C'est beau sur ce trajet : le centre se fait désirer en apparaissant peu à peu jusqu'à Ponte Leccia, puis c'est au tour de la Balagne, avec cette route aux faux airs d'interminable autoroute américaine dans sa portions la plus droite, qui semble s'étendre à l'infini vers la mer au loin.

Lama est un charmant village perché à flanc de montagne. Les bâtisses anciennes sont nombreuses, les nouvelles poussent également. La vie n'a pas quitté ces lieux, ce qui fait plaisir, contrairement à nombre de hameaux que j'ai pu traverser où l'on ne sait au juste s'il demeure encore une quelconque âme vivante si l'on en juge à la vétusté des maisons, Il me faut rallier les limites supérieures pour trouver le départ du sentier. Rien que cette petite ascension est intéressante, à déambuler dans ces rues anciennes qui se frayent un chemin entre les habitations, toutes de pierre lissée par le temps. Et cette vue sublime déjà, les montagnes de l'intérieur en guise de gardiens inébranlables au sud, la mer en face, et à l'arrière les flancs des sommets locaux, tels les bras puissants mais rassurants qui bercent délicatement l'enfant. A peine le temps de noter tous ces détails remarquables que le sentier est là. Entrons donc dans le vif du sujet...

Le ton est vite donné : le chemin s'élève tout doucement en zig-zaguant sur le flanc de la montagne. Le roc est très présent, le maquis relativement bas malgré la faible altitude. Du moins n'a-t-on pas cette impression d'être enserré que l'on ressent parfois entre les inextricables buissons de bruyère et de ronces. Bien que le soleil soit pour l'heure caché de l'autre côté, la faute à l'heure précoce, on a cette sensation de lumière. Un peu comme celle que j'avais eu lors de mon ascension du Monte Stellu, même si celle-si était accentuée au contraire par le levé de l'astre du jour dans mon dos, avec son camaïeu de jaune doré. Dans le cas présent, cette ombre relative donne une luminosité suffisamment pâle pour que les tons de la nature semblent des plus naturels et même un peu trop neutres, avec cette roche ocre clair alentours.

Au plus je grimpe, au plus les paysages lointains se précisent. La vision est encore limitée sur ce flanc de montagne, mais déjà le rendu est superbe. Le ciel bleu souligne les formes aiguës des sommets lointains, tout en semblant se fondre avec la mer là-bas. J'ai un peu l'impression d'être sur une sorte d'île flottant dans le firmament. Cette sensation aérienne et légère, accentuée par ce chemin ascendant mais tout en douceur, qui vous donnerait presque l'idée d'être cette plume ballotté par les courants d'airs qui finit parfois par s'élever là où son poids devrait plutôt l'appeler vers le sol. Le calme serein de la prime matinée joue aussi beaucoup dans cette image mentale. Tout ici appelle à la paix contemplative, et le regard qui se doit de toujours s'élever pour observer le chemin corrobore encore un peu plus à cette élévation de l'esprit et du corps.

Les flancs à pic de la montagne me bordent. Déjà Lama est bien plus bas. Pas vraiment loin malgré la durée du trajet, mais telle est la situation dans une ascension, la distance verticale est plus difficile à parcourir que l'horizontale. La crête n'est pourtant plus loin. Et de là je devrait rejoindre le refuge de Prunincu. C'est là que nous avions dû nous arrêter, mon camarade d'alors et moi-même, la faute à ces nuages qui obstruaient inéluctablement le sommet. Nul intérêt à prendre des risques à déambuler à l'aveugle si en prime la gratification de la vision panoramique n'est pas au rendez-vous à la fin. En somme, je n'ai aucun mérite sur cette première moitié du chemin vers le Monte Astu, bis repetita, c'est tout. Mais malgré le fait que la visite ne soit pas la première, le soleil qui brille de mille feu aujourd'hui donne au maquis au bord du sentier un aspect tout autre. C'est l'automne aujourd'hui, et pourtant les couleurs sont vives. La végétation est bien verte, seules quelques tâches orange transparaissent çà et là. J'ai l'espace d'un bref instant la réminiscence de ces tons chauds vus en grimpant au Monte Stellu, où du moins cette sensation de douceur des tons qui vous réchauffent rien que par leur nature même.

Je divague un peu, comme à l'accoutumée au milieu de mes pérégrinations, et le refuge est déjà là. Ce qui me frappe le plus est qu'il est complètement cerné de peucédan. La mise en garde en bas au village concernant cette plante est donc bien fondée. Quand on connaît les réactions dramatiques qu'elle peut provoquer avec son suc, on traverse ses étendues bien délicatement. Peut-être est-ce simplement de la déformation professionnelle, à toujours chercher à préserver la santé, peut-être un côté hypocondriaque latent à imaginer le pire scénario à la simple évocation des possibles symptômes. Il n'empêche que les plants sont là, et je suis content d'avoir troqué mon short estival pour un pantalon long, malgré la douceur du climat. Jaune orange, vert marron, l'automne est évoqué au travers des teintes arborées, et pourtant ce ciel azur donne l'impression que quelque chose cloche dans ce tableau. C'est de loin la meilleure saison pour envisager ce type d'escapade, délivré du poids du soleil de plomb de l'été, mais sans encore les caprices pluvieux de l'automne installé. J'ai vraiment de la chance aujourd'hui, malgré ce champ de tous les dangers.

Le refuge est un petit havre de tranquillité à mi-chemin de la cime. Il semble assez récent, ou bien restauré en tout cas. Laissé ouvert, son intérieur permet d'accueillir les randonneurs dans d'excellentes conditions : nombreuses couches avec leur matelas de mousse, table et chaises, et même au fond une sorte de gazinière, forcément non fonctionnelle faute de combustible. J'avais visité son intérieur la première fois que j'étais venu, pour l'heure je n'ai aucun intérêt à m'y arrêter. Çà fait encore peu de temps que je suis parti de Lama, je suis toujours bien vaillant, et surtout avide de la suite du périple. Je ne sais au juste ce qui m'attends. Certes, j'ai mon petit guide qui m'informe des grandes étapes, mais ces prédictions sont vagues, et l'expérience des choses demeure toujours la meilleure façon de les connaître, au-delà de la plus détaillée des description. Je vois un groupe qui s'est arrêté à quelques mètres derrière l'abri. Ils sont loin, je veux continuer l'ascension, je les laisse tranquille, même si je suis curieux de savoir s'ils redescendent déjà ou bien au contraire s'ils grimperont aussi...

La route reprend après ce court interlude. Le sentier se remet à grimper entre les bruyères. C'est l'instinct qui commence à me guider, le marquage et la définition de la route laissant quelque peu à désirer. Mais j'ai connu pire, et de toutes manières le doute n'est pas vraiment autorisé vu que çà et là surgissent parfois quelques marques jaunâtres attestant l'exactitude de la voie empruntée. Je suis entrée en phase d'ascension, il me faut rejoindre la Bocca Tiobuli. J'ai heureusement déjà parcouru la moitié du dénivelé, même si mon esprit souvent un peu chagrin me fait remarquer parfois que de fait, il m'en reste encore autant à monter. Mais détails que tout cela, le panorama qui se dévoile toujours un peu plus me fait oublier ces considérations pratiques. Je suis en route vers l'infiniment bleu, le regard toujours vers le haut. Les crêtes ne semblent pas si loin, même si l’œil est facilement berné pour cette constatation. En tout cas, cette impression semble me donner des ailes, à avancer toujours vaillamment, comme si la fatigue du corps ne devait pas m'atteindre.

Certes, j'ai endurci mon physique à mesure de mes marches. Une condition d'athlète n'est absolument pas nécessaire pour marcher, du moment que l'on sait gérer son effort et prendre le repos nécessaire quand il convient. Pourtant je ne pense pas avoir atteint le stade du surhomme capable de prouesses extraordinaires. C'est plutôt une obstination incroyable qui me pousse dans ces cas. Quand j'ai décidé une chose, je me force à l'accomplir quoi qu'il m'en coûte. Pour le Monte Stellu, je me suis réveillé ce matin-là, j'ai décrété que le temps me permettait l'ascension, je suis parti sans me retourner. Même un peu trop me dira-t-on en connaissant la fin de l'aventure. Pour le San Petrone, même cas de figure : météo idéale malgré une chaleur écrasante, préparatifs rapides et ascension décidée. Le Monte Astu ne dérogera pas à cette logique, d'autant que je le considère comme faisant partie de cette triade incontournable avec les deux précédents. Le ciel me fait signe qu'il daigne me recevoir aujourd'hui, il est de mon devoir de répondre favorablement à cet appel explicite.

Au-delà de ces considération sur mes motivations à poursuivre cette petite épopée, je dois désormais composer avec un jeu de piste improvisé pour trouver mon chemin. En effet, la végétation, quoique rase à cette altitude et en cette région, a poussé grâce aux temps légèrement humide mais toujours chaud de ces derniers temps. Les marques colorées et autres cairns sont de fait masqués partiellement par celle-ci. D'autant que la relative raideur de la pente sur laquelle je suis accentue ce jeu de cache-cache avec ma vision en contre-plongée des choses. Je pinaille pourtant à ce sujet : je sais que je dois la gravir tout droit. C'est mon relatif perfectionnisme teinté d'un semblant de bon sens couard qui veut que je me cantonne à suivre au mieux la voie balisée. Courageux mais pas téméraire. Et surtout un peu feignant. Rien que de penser qu'il soit possible d'avoir à rebrousser chemin car je serais tombé sur une voie sans issue me fatigue. C'est là la vérité nue des choses : crapahuter oui, mais dans les limites du raisonnable. Mais trêve de blablas futiles : grimpe et arrête de cogiter. Profite plutôt de ce ciel magnifique qui te dégage la vue à l'infini et te promet des merveille à ton arrivée au sommet...

L'horizon, toujours si haut alors que je continue de monter ce chemin pentu, semble se rapprocher de plus en plus de sa position naturelle. Le ciel gagne peu à peu du terrain sur le sol. La crête ne saurait tarder désormais. Rétrospectivement, l'effort à consentir ne fut pas insoutenable, et la quête des marques non plus d'ailleurs. Peut-être ai-je improvisé certains tronçons de sentier, mais je n'étais apparemment pas le premier : ces chemins tracés à force des pas répétés des randonneurs était nombreux, bien que tous convergents vers le point que j'ai rallié. Je souffle tout de même quelques secondes, plus pour faire le point sur ce qu'il me reste à parcourir jusqu'au but final que pour une quelconque fatigue intenable. Ce point est vite fait : le sommet se dresse face à moi. Il se détache nettement de ce qui semble constituer un plateau. A ce moment, j'en suis au point de me demander ce que ce rocher monumental fait là tout seul. C'est une montagne sur la montagne qui m'est promise pour achever ma route. Suffisamment singulier pour moi pour que j'en fasse part. Le sprint final va bientôt commencer. Le plus dur est derrière moi. La croix sommitale se dévoile malgré ma vue capricieuse. Elle est presque à portée de main. Je suis galvanisé de nouveau, et comme à l'accoutumée à chaque fois que je vois le but convoité. Pourtant, çà ne me blase pas. A chaque sentier une nouvelle découverte. A chaque expédition son lot d'images, d'impressions. A chaque fois cette exaltation, ce sentiment d'être l'unique, celui qui a été accepté par ces lieux pour goûter un peu à ces paradis perdus cachés çà et là. Si proches et si loin pourtant. Prophète improvisé de ces merveilles consignées en si peu de lignes qui n'arrivent pas à cerner le tout. L'expérience est la meilleure des leçons. La description sera toujours restrictive, oubliant ou empêchant de définir ce qui n'est pas explicable par les mots : tout ce ressenti qui s'enchaîne au gré des pas, la gratification après l'effort, la déception parfois lors des petites erreurs d'estimation, tout ceci mêlé subtilement pour donner au final une expérience unique.

Arpentons maintenant ce champ aérien, bordé de ciel, pour arriver enfin au pinacle du jour. Le bleu me cerne. Étant relativement étendu, le plateau me cache les terres en bas dans le sens du sommet, d'où ce sentiment de marcher sur une plate-forme suspendu au firmament. Seule les terres de l'intérieur me rappelle à un paysage plus logique. J'ai l'impression de parcourir un désert américain avec cette herbe rase au sol et ces couleurs automnales qui font virer les plantes au vert jauni voire bruni. Le dépaysement est total. Et la sensation de solitude absolue est confortée par cette traversée du désert. Commence alors à poindre dans un coin de mon esprit l'idée comme quoi j'ai sombré dans la quête égoïste du plaisir en partant ainsi esseulé à l'abord du sommet. Aurais-je dû attendre que mes amis se décident à m'accompagner dans cette aventure aux paysages sublimes ? Éternelle question. Ce que je vois est tellement beau que le remord d'avoir tant de choses pour moi seul m'envahit. Je tâche de me consoler en m'octroyant le rôle d'éclaireur, celui qui ouvre le chemin pour de futures exploration en groupe. En tout je l'espère de tout cœur, de tels lieux méritent l'effort tout relatif à consentir.

De nouveau l'espace de cet instant fugace de réflexion, le chemin a littéralement fondu. Je suis au pied du sommet. Il est plus imposant qu'il n'y paraissait plus loin. Mais ne me reste qu'à trouver par où l'aborder. Le flanc qui me fait face descend en falaise abrupte, donc pas moyen de l'attaquer par là. Le marquage indique qu'il me faut partir sur la gauche, là-bas aurais-je certainement un petit sentier qui ralliera la cime. Les rochers remplacent ce désert plat. L'ascension finale avait été prévue dans mon guide. Il faut désormais jouer et des genoux et des coudes pour progresser. La route décrit une spirale ascendante autour de ce monticule rocailleux. Je me vois telle la feuille ballottée au gré des caprices de la brise, à virevolter en grimpant selon l'humeur de celle-ci. Au moins ai-je déjà le privilège d'avoir le panorama qui se dévoile par morceau à moi. Cet avant-goût de la pointe est un apéritif délectable. L'envie de conclure ce sentier n'en est que renforcée. Encore quelques mètres, encore quelques rocs où se hisser. Le plus dur est derrière moi, courage. Marque jaune. Soit rassuré tu es sur la bonne voie si le doute t'assaillait encore. Et voilà la croix.

Celle-ci gît seule au milieu de quelques rochers. L'espace au sol est bien restreint. L'impression qui s'en dégage est vraiment celle d'un pic quelque peu émoussé qui perce ce plateau juste en contrebas. Les alentours sont dégagés, la vue est superbe en ce jour où le vent léger assure la pureté de l'atmosphère. Le ciel me bénit. Je me revois lors de mon ascension du Monte Stellu, quand arrivé en haut j'ai eu ce panorama qui s'est offert à moi. Même limpidité. Même silence. Ces instants devenus solennels par leur essence même. On n'a pas envie de troubler cette quiétude par de quelconques exclamations superflues. Ce troisième accès au ciel garde son côté sacré par cette croix, quand bien même sa portée religieuse est certainement moindre que la statuette de Saint Pierre au San Petrone. Pourtant, le Monte Astu est bel et bien de ces lieux où le champ des possibles semble ouvert à l'infini. Le monde est à porté de main. L'esprit vole subtilement dans ce bleu tout autour, il se pose là où le regard va.

Je ne saurai exactement dire si c'est du recueillement que sont ces instants où le temps semble se figer. Ces instants où la marche s'interrompt, où il n'y a plus qu'a profiter de la récompense accordée. Encore une fois seul. Regrets fugaces de ne pas pouvoir partager ces visions sublimes. Tempérés par cette plénitude égoïste de qui est absolument libre dans le regard qu'il peut porter sur les environs. Pas remarque futile, pas de discussion stérile tout juste bonne à gâcher ce plaisir en fait. Ces lieux sont là pour être épilogués, quitte à ce que ce soit pendant des heures, mais doivent se savourer à l'instant présent en bon épicurien. Par respect pour l'endroit, par respect pour soi-même et pour ce cadeau de remerciement après l'effort. C'est une nouvelle fois tellement beau, à quoi bon commenter une expérience qui se doit d'être vécue ? Le serpent se mord la queue, l'expérience vécue vaut bien mieux que toutes les belles palabres et autres théories, aussi détaillées soient-elles.


Le troisième mont est mien. Ce rêve qui a nourrit pendant toute une année mon envie de toujours marcher plus, de toujours découvrir aux mieux ma terre, vient à l'instant de s'accomplir. Content et triste à la fois. Ultime récompense de qui s'est donné les moyens de ses ambitions, aussi simples soient-elles. Cet accomplissement ne signera pas la fin de ces explorations et de cette envie de partage. Tant de choses restent encore à découvrir. Toujours si proches mais si lointaines. A moi de tracer mes futures routes, à mesure que je redescends tout doucement vers Lama...
Commentaires