Des cubes et des biomes...



...Ou la présentation (tardive) de Minecraft.

Exercice périlleux, finir catalogué comme un blog de gamer n'est pas le but, d'autant qu'il n'est pas ici question d'un test de jeux vidéo. Minecraft est vieux, Minecraft est exploité sur la toile jusqu'à la moelle, avec des contenus plus ou moins intéressants. En termes techniques, ce jeu représente la lie du développement à mon sens : bourré de bugs plus ou moins corrigés à grands coups de rustines dans son code (début d'irritation colique), et ce même avant le rachat de Mojang par Microsoft, et surtout codé en Java (fin d'irritation colique). Mais passons même sur cela... cela qui d'ailleurs fait une bonne partie de son charme, à ne plus savoir ce qui est voulu dans le gameplay et ce qui est est de l'ordre du gros bug bien explicite...

Qu'est-ce donc qui me pousse à vous parler de ce jeu ? Simplement son côté OVNI. Il n'a pas été développé à la base par une grande société à blockbusters vidéoludiques, et pourtant, son succès a de quoi faire pâlir ces faiseurs de la pluie et du beau temps, au point que son papa est devenu récemment milliardaire. Les joueurs réguliers se comptent encore par millions, et malgré l'absence insolente de protections qui aboutissent forcément à du piratage, son éditeur s'en est toujours satisfait. Trublion déjà de ce point de vue, à l'époque où l'on impose de plus en plus des garde-fous sur-fliquant les individus, sous couvert de protéger les intérêts des ayant-droits comme ils se font appeler.
OVNI aussi dans le sens où, dans notre ère du jeu scripté au possible pour pouvoir y intégrer une narration à la profondeur des grands films hollywoodiens à la mode, à grand coups de cinématiques à mettre à genou n'importe quel moniteur aussi HD soit-il, Minecraft se contente d'un minimalisme graphique et scénaristique interloquant. D'aucuns y verront du pixel art et une liberté infinie, d'autres passeront à côté de cela. Question de sensibilité personnelle. Et en corollaire une liberté d'action troublante : pas de but fixe. Vous voulez bâtir la réplique d' Angkor Vat ? Faites-vous plaisir. Vous voulez juste massacrer du monstre hostile ? Après vous. Vous voulez concilier les deux ? Faites donc. C'est une nouvelle fois singulier. Étrange au début, mais finalement captivant. Votre partie évolue au gré de vos idées (et dans une moindre mesure, des moyens et ressources à votre disposition). Pour une fois, vous êtes le maître. Tantôt dieu tout-puissant, créateur ou destructeur à loisir, tantôt simple aventurier tentant de survivre dans ce monde hostile qui change du tout au tout la nuit tombée... Et même alors, à vous de choisir d'être simple architecte des blocs, comme étant plus jeune avec des Lego, à essayer que cet empilement de cubes ressemble à quelque chose, juste pour la forme vu que la fonction n'est pas intimement liée à celle-ci, ou au contraire ingénieur ingénieux, à faire fonctionner les systèmes d'automatisation mise en place, histoire de se simplifier la vie et/ou de flatter son ego.


J'y ai joué longtemps, presque concomitamment au passage à vide du blog (le jeu vidéo coupe de la réalité, tout çà tout çà... ah, non en fait, je n'ai jamais été autant dans le réel que ces deux dernières années...). Seule une pause récente a fini par briser ces heures de détente contemplative sur ce bac à sable zen virtuel. D'abord productif (buts architecturaux à la complexité croissante, puis ingénierie de pointe en passant par l’affûtage des techniques de combat/survie), puis surtout lieu de "vie" où l'on traîne sans trop savoir pourquoi, comme ces endroits réels type café/bar où l'on va presque machinalement pour rencontrer d'autres gens. Car oui, on peut y jouer en groupe, et c'est même conseillé à mon sens si l'on veut s'y amuser longtemps. Le tour de la question est vite fait sans personne à qui montrer ses œuvres cubiques. Et plus encore qu'en vrai, il n'est plus plaisant que de rire un bon coup entre ami des erreurs/taquineries d'autrui. Les avatars pixelisés aidant, surtout s'ils sont fait des blanches petites mains de leurs détenteurs (votre serviteur y a consacré des heures à avoir le résultat qu'il voulait...).

Je m'y suis bien amusé. Et m'y amuserai encore d'ailleurs à mon avis. C'est d'ailleurs un cas étrange de jeu où j'ai commencé avec une version crackée pour le découvrir, mais dont j'ai acheté la licence moins d'une semaine après. Question de principe : à l'époque encore c'était un petit studio indépendant qui l'avait mis sur le marché. Une façon en somme de rétribuer ces quelques personnes pour le travail si rafraîchissant qu'ils avaient fait, là où les gros studios se tiraient la bourre avec des nouveaux opus de licences phares au caractère novateur plus qu'incertain... Et le fait qu'il soit codé en Java, donc utilisable sous Linux n'a pu que me le rendre sympathique...


Pourquoi en parler maintenant d'ailleurs ? Primo, comme déjà dit, ce jeu a participé à me faire mettre de côté le blog, même si c'est plus le fait de ne plus ressentir le besoin d'écrire mes aventures pédestres qui a motivé cela. Secundo, je viens juste de prendre un peu mes distances avec, après en avoir même disséqué l'aspect moddé (la description que je vous en ai faite est riche ? Les possibilité de moddage du jeu le sont 100 fois plus...), donc je peux presque me vanter de pouvoir en tirer des conclusions à titre personnel, malgré son caractère inépuisable niveau jouabilité. Ayant même administré 2 serveurs, là je parle en parfaite connaissance de cause. Tertio, comme annoncé dans mon article come-back, je veux donner une direction plus éclectique à Geek-Boxer, là où je m'étais finalement cantonné à vous y exposer des compte-rendus à peine romancés de balades. Je le répète (je me fais vieux à rabâcher...) je ne virerai pas blog de gaming, trop surfait, et surtout plus en adéquation avec mon état d'esprit où le jeu vidéo a quitté les plus hautes marches de mes loisirs depuis longtemps...

Je vous aurai bien donné un lien vers ma chaîne Youtube, vu que j'y avais téléchargé pas mal de vidéos concernant mon expérience de jeu cubique, mais un coup de sang m'a fait tout supprimer... et avouons-le, ma voix n'est pas des plus agréable à entendre. Notons cependant que ce jeu aura réussi à parfaire ma "sociabilisation virtuelle", là où le secret de mon petit cocon privé avait toujours prévalu...

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