Manjaro, le goût des choses simples



Détournement éhonté d'un ancien slogan publicitaire... Je n'en suis plus à çà près.

Revenons au propos initial : la distribution Manjaro, et son slogan propre "enjoy the simplicity" ("appréciez la simplicité", pour les plus anglophobes). J'ai en effet changé depuis la première ère du blog. D'Ubuntu à Manjaro. Expliquons brièvement pourquoi.

Pas de réelles raisons en fait. Je suis resté fidèle à la distribution de Canonical jusqu'à la 14.04. J'ai bien testé la 14.10, mais suite à des soucis à l'usage de certains logiciels que j'utilisais alors, j'ai du faire machine arrière en version LTS... Premier point. De plus, comme je l'avais déjà énoncé depuis longtemps, je lorgnais sur Manjaro depuis un bout de temps. Second point. Enfin, j'ai fini par me sentir prêt à passer à quelque chose d'un cran plus technique. Attention, Manjaro reste très accessible, on l'appelle souvent d'ailleurs l'Ubuntu de Arch, à juste titre à mon sens. Cependant, son caractère de rolling release requiert parfois un peu de technicité, ce sur quoi on reviendra. Troisième point. Victoire !


Je ne vais pas faire ici une revue de la distribution, je l'ai souvent répété, je ne suis pas là pour faire dans la technique brute. Je vais plutôt tâcher de vous décrire mon expérience à l'usage. Certains de mes choix seront certainement critiquables, mais ce sont les miens, pour mon utilisation en fonction de mes besoins sur ma machine. Libre à chacun bien entendu de se faire sa propre opinion sur une image live.

Qu'est-ce au juste que Manjaro ? C'est une distribution basée sur Archlinux. Arch est austère, mais efficace. Mais austère tout de même. Même si des tutos très complets existent, ainsi qu'un wiki particulièrement bien étoffé, difficile pour le quidam moyen de l'appréhender facilement. Elle vous donne la main sur TOUT votre système. Rien de réellement imposé, mais en contrepartie, à vous de mettre les mains dans le cambouis pour arriver à votre système aux petits oignons.

Manajro se veut comme une Arch facile d'accès. C'est bien entendu louable, mais dans le fond, pourquoi vouloir rendre grand public une distribution qui se veut réservée à ceux qui ne craignent pas de se documenter pour maîtriser complètement leur système ? Des efforts ont été faits (et sont toujours faits, la distribution n'est pas encore en version 1.x, malgré une stabilité exemplaire selon mon expérience), notamment sur l'installation graphique somme toute classique à l'heure actuelle, ainsi que sur la gestion graphique des paquets (même si sur ce point je trouve la ligne de commande au finale plus stable et efficace). D'autres petites attentions existent : un panneau de configuration propre à la distribution, qui permet même de switcher facilement de kernel, et surtout mhwd (pour Manjaro HardWare Detection), un utilitaire en ligne de commande assez bien fichu pour tout ce qui est installation de pilotes propriétaires (ou retour aux libres bien entendu). Pour résumer, la base Arch, avec de quoi attaquer immédiatement l'utilisation de votre session.

Bon, tout n'est pas si simple non plus. Tout d'abord, il faut choisir la version de Manajro, comprendre : l'environnement installé. 2 choix officiels, et quelques dérivés, on est encore proche de cet asspect Ubuntu. Niveau officiel, on a le choix entre Xfce ou KDE. Notons la présence d'une version Netinstall, très proche d'Arch dans le sens où vous composez vous-même votre système... à partir de la ligne de commande. Quelques compétences sont requises bien entendues, même si on s'en sort très bien avec le concours des wiki d'Arch et Manjaro. En ce qui concerne les dérivées, c'est au bon vouloir des contributeurs. Je retiendrais surtout la version LXQt, maintenue par un français.

Après le choix de l'environnement (personnellement, Xfce), rien à signaler quant à l'installation. A noter un crash majeur lors d'une mise à jour avec l'utilitaire graphique, mais que je mets plutôt sur le compte d'une installation en mode UEFI (saleté d'innovation... désactivée depuis). Réinstallation propre en mode BIOS, tout roule depuis. Car oui, comme sa maman, Manjaro est une rolling release. Quésako ? Grosso modo, 2 types de mises à jour pour les distributions Linux : la "grosse" mise à jour, avec changement radical entre les versions de la distribution, seules les mises à jour correctives sont déployées pendant la durée de vie d'une version (exemple : Ubuntu) ; et la rolling release, où l'idée est alors de mettre à jour de façon incrémentielle le système, dès qu'un composant reçois une mise à jour. Ici on a cependant un petit tampon d'environ une à deux semaines, histoire de s'assurer de la réelle stabilité de ce qui est changé. Pas forcément plus mal, on n'attend pas non plus de trop avant de recevoir les dernières moutures de ses paquets et/ou logiciels.

Bon, çà s'installe plutôt bien, c'est costaud, mais à l'usage, qu'en est-il ? Xfce disais-je. Quand on vient d'Unity, et qu'on a aimé l'expérience, cet environnement ici calqué sur du Windows classique peut décevoir. De prime abord. En effet, le bureau à la souris est d'une malléabilité incroyable. Tout n'est que panneaux et plugins qui accomplissent leur tâche à la perfection. Pour couper court, d'un Windows banal, je suis arrivé à un Ubuntu-like, avec seulement un plugin installé en plus de l'offre par défaut. Les goûts et les couleurs ne tolérant aucune discussion, passons à une considération bien plus terre à terre : la fluidité de l'interface. Et là on peut dire que c'est rapide ! Démarrage dans la minute malgré mon bon vieux disque dur classique, pas ou peu de lag, et une quantité pléthorique de RAM encore disponible... Très très bon. Certes, avec un environnement léger de telles résultats sont prévisible. Mais toujours bluffants et agréables.

Allons un poil plus profond au sein du système, avec la gestion des paquets. Çà reste une composante cruciale. D'aucuns diraient même la base du système. Ici on hérite de pacman d'Arch. Hormis la référence à la boule jaune, pacman se montre d'une efficacité redoutable dans les gestion de la cohérence du système. Les dépendances sont gérées bien entendu parfaitement, et la maintenance du système (installation/suppression des paquets, mise à jour du système...) d'une facilité déconcertante tant qu'on a assimilé la syntaxe des commande adaptées. Mais la grande force de pacman, c'est son dérivé yaourt (quel humour chez les libristes...). yaourt sert à à peu près à la même chose que pacman, à ceci près qu'il permet l'installation directe de paquets absents des dépôts officiels, mais hébergé sur AUR (pour Arch User Repository, grosso modo, les paquets mis à disposition par des utilisateurs, mais vérifiés par des "trusted users"). Le système est si bien rodé qu'en une seul ligne de commande, vous pouvez tout mettre à jour, mais là absolument tout...

Voilà pour ce tout d'horizon. Plus à venir en fonction de mes inspirations...

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