Le fond des choses



Au moins aurais-je évité un "sous l'océan", à la Disney.

Des hauteurs des monts je passe aux abysses insondables... de Méditerranée. Moins impressionnant de suite, mais pas moins intéressant.

Pourquoi ? Toujours cette difficile question concernant la motivation de l'acte. Plus facile de dire "comment" en règle générale. Mais pour une fois, pas d'esquive style "pourquoi pas ?". Pour en revenir à la question, simplement pour l'envie de varier un peu les plaisirs. J'ai toujours aimé ce qui avait trait au monde marin : tout petit déjà, fan des productions de Cousteau, et toujours avec le masque vissé au crâne l'été à la plage. Certes très cliché comme réponse, mais sincèrement, que faut-il de plus pour motiver un acte ?

Tout a commencé avec un baptême tardif l'an dernier au mois de septembre. Le lieu choisi, l'anse de Ficaghjola était riche de signification pour moi. Au pieds du quartier Saint Joseph de Bastia, là où je suis né et ai passé les premières années de ma vie. J'avais eu l'occasion durant mon plus jeune âge de fréquenter son reste de semblant de plage, alors que le reste du front de mer avait été réaménagé bien avant pour permettre le passage d'une voie de désengorgement de la ville. Pas de discussion sur les tenants et les aboutissants du massacre d'une plage à Bastia même, écologie et tradition versus évolution, le débat est toujours inextricable... Un baptême ici ? Un peu circonspect, mais admettons.

Mise à l'eau avec mon moniteur, équipement de rigueur. En baptême on est assisté au possible, ce qui est normal en tant que novice, la plongée en bouteille différent totalement de la simple apnée qu'on pratique tous. Attention, la zone de baptême, de 3 à 6 mètres reste absolument sans dangers, au pire l'inconfort dû à la non dépressurisation des tympans. Ne reste qu'à accepter le détendeur en bouche, bien écouter les quelques recommandations du moniteur et c'est parti.

Quelle surprise ! Si proche de la plage bien fade, herbiers de posidonie, poissons variés, étoiles de mer etc... Je ne suis pas un fin zoologiste, de là à vous dire au juste ce que j'y ai vu ce jour, on dépasse largement mes capacités d'identification. Mais un spectacle merveilleux, de quoi donner l'envie d'approfondir le sujet, si je puis dire.

J'ai depuis rejoint un autre club, le premier ayant eu des créneaux d'ouverture non adaptés à mon emploi du temps. Je progresse petit à petit : niveau 1 (j'ai le droit de plonger accompagné jusqu'à 20 mètres de fonds), et récemment un PE40 (c'est un module qui m'autorise à plonger accompagné jusqu'à 40 mètres). En attendant un éventuel niveau 2 (là on rajoute la possibilité de plonger en autonome, comprendre : jamais seul, avec d'autres niveau 2, mais sans guide), ce duo me permet d'accéder à pas mal de fonds dignes d'intérêt. C'est toujours grisant de trouver çà le poulpe planqué dans son trou, là la murène tapie dans son antre, ou encore ici une énorme araignée de mer... Toujours sans toucher, c'est la règle : ne pas abîmer le milieu.

Je vous passe les détails sur la technicité de l'activité. Importante certes pour minimiser les risques, mais loin d'être insurmontable, 2-3 principes physiques de base pour tout dire. C'est extraordinaire cette sensation que l'on ressent dans ce monde où l'on progresse en semblant de lévitation lente, savant mélange de liberté et d'une maîtrise tout en douceur et en finesse. Un jour peut-être partagerai-je des clichés, même s'ils ne refléteront que partie de l'expérience... Mais on n'en est pas là, le matériel résistant à la pression n'est pas à l'ordre du jour.

En somme, de quoi varier entre les sommets et les fosses...

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