L'Homme descend du singe... et le geek descend de l'arbre



Pas plus inspiré comme entrée en matière.

Dans la série "je tente des trucs que je n'aurais jamais pensé faire il y a encore peu", j'appelle l'accrobranche...

Vous le saurez (de trop), je souffre du vertige. Enfin, le vide n'est pas pour me rassurer. Si je peux éviter de me retrouver au bord du gouffre je le fais, tout comme j'évite d'escalader pour ne pas risquer de me trouver paralysé au milieu de la course comme un idiot. J'ai cependant beaucoup progressé à ce sujet, à force de marches de plus en plus montagnardes, sans jamais réellement pouvoir être assimilées à de l'alpinisme, et heureusement.

Donc, il y a peu (environ un mois si vous voulez tout savoir), alors que nous terminions une escapade d'une semaine de marche au parc naturel du Queyras avec un ami (endroit extraordinaire au demeurant...), nous avons fait halte à Sisteron pour ne pas avoir une route trop longue pour le retour jusqu'à la cité phocéenne. Petite marche le premier jour, petite visite touristique de l'endroit de rigueur, et voilà que nous tombons sur un accrobranche. En plein cœur de la ville. Rien que çà. il ne nous en faut pas tellement plus pour nous décider à tenter notre chance.

Mon compère avait déjà expérimenté, personnellement je suis novice le plus complet. Il s'est donc imposé tout naturellement que nous tenterions le parcours dit "extrême". Je ne cacherais que j'ai émis quelques réserves au moment du choix, le "vous n'en avez jamais fait, c'est vous qui voyez" du propriétaire n'a pas dû aider. Mais bon, bon gré mal gré je cède aussi à la tentation. On a alors droit au briefing d'initiation, consignes de sécurités que j'écoute religieusement (on ne se refait pas...), ainsi qu'un test des différents types d'activités à 50 cm du sol. Jusque là, c'est encore supportable pour moi.

Attaquons le gros de l'aventure. On est quatre à ce moment. Deux jeunes locaux apparemment, mon camarade et moi-même. Il va être temps de se lancer. Littéralement. C'est une belle tyrolienne qui ouvre la marche. Une petite dizaine de mètres au dessus du sol sur une bonne trentaine de mètre de long, voire plus vu que je n'ai pas le compas dans l’œil. On laisse gentiment passer les jeunes, on sent que je risque d'être un goulet d'étranglement. Je précède par contre mon ami. Je ne saurais dire s'il a simplement fait ainsi pour s'amuser de ma maladresse ou bien s'il m'a envoyé au casse-pipe afin de ne pas commettre les mêmes bourdes que moi. Mais bref, il faut se lancer. Littéralement. Encore. Je ne sais pas si j'ai effectivement hésité longtemps lors de l'impulsion qui m'a fait quitter la plate-forme de départ. Mais l'hésitation était bien là. Et voilà que la course s'interrompt vers les 3/4 du trajet, faute à une pente pas très prononcée et probablement aussi à une poussée un peu mollassonne de ma part. Il va falloir terminer à la force des bras. C'est dans ces moments-ci que je suis heureux d'être taillé comme une crevette, moins lourd à tracter. A ma décharge, mon suiveur ne fait guère mieux, il doit aussi terminer le parcours à la main si je puis dire.

On enchaîne les "ateliers" : échelles de corde, rondins suspendus à traverser, balançoires infernales, funambulisme.... Toujours un peu lent de mon côté, mais qui veut aller loin ménage sa monture comme on dit. Les deux jeunes sont loin, très loin. Mais on progresse. Les bras commencent à brûler, il faut dire que j'en abuse pour me tenir à cause de l'appréhension sous-jacente de choir. J'ai le vertige que diable ! Même si la vision du sol en bas me dérange de moins en moins. Peut-être justement grâce à cette fatigue salutaire qui me change les idées. Je sais que je souffrirai une fois l'adrénaline retombée, déjà quelques bleus également çà et là à cause de réceptions hasardeuses. Pourtant je ne me suis que très rarement senti aussi bien. La peur n'est plus. La souffrance me fait sentir plus vivant que jamais. On a bien fait de venir.

L'épreuve finale est là : le saut de Tarzan à la liane. A peu près confiant jusqu'au moment d'y arriver. Une fois la liane hissée en main, déjà moins. Elle est trop courte si vous voulez mon opinion. Je suis déjà à moitié penché dans le vide pour la tenir. Difficile de fournir une bonne impulsion dans ces conditions. Pourtant j'y vais. Je saute. Comme je peux. Je vole ! J'y suis presque à ce filet de réception qu'il faut choper au vol. Je le vois. Je l'ai presque. Mais je perds de la vitesse. Je ne remonte plus autant. Çà va être dur... Un coup de rein pour tenter de forcer ces derniers centimètres. Non... Si... Non... Si ! Le der des der. Le maillon ultime sans exagérer. Je agrippe à deux doigts. Mais je suis accroché. Je dois me hisser maintenant. Rien qu'à la force des bras. Je n'en peux plus. Je suis fatigué. Et pourtant, maillon après maillon je grimpe. Les jambes sont à porté pour m'aider. Je suis sauvé, enfin je peine moins. Et la plate-forme. Çà y est, je l'ai fait. J'y suis. Une dernière tyrolienne et me voilà au sol.

Je suis sale, en sueur, couvert de poussière et autres débris végétaux. J'ai quelques belles ecchymoses. Mais je l'ai fait. On s'est bien amusé en guise de fin de séjour. J'ai pu me confronter à l'un de mes vieux démons. Je lui ai fièrement tenu tête. Pas vaincu, mais fait face et lui ai montré que je ne m'arrêterai pas à cause de lui. C'est bien, je ne suis pas perdu au moins...

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