Manjaro, le goût des choses simples



Détournement éhonté d'un ancien slogan publicitaire... Je n'en suis plus à çà près.

Revenons au propos initial : la distribution Manjaro, et son slogan propre "enjoy the simplicity" ("appréciez la simplicité", pour les plus anglophobes). J'ai en effet changé depuis la première ère du blog. D'Ubuntu à Manjaro. Expliquons brièvement pourquoi.

Pas de réelles raisons en fait. Je suis resté fidèle à la distribution de Canonical jusqu'à la 14.04. J'ai bien testé la 14.10, mais suite à des soucis à l'usage de certains logiciels que j'utilisais alors, j'ai du faire machine arrière en version LTS... Premier point. De plus, comme je l'avais déjà énoncé depuis longtemps, je lorgnais sur Manjaro depuis un bout de temps. Second point. Enfin, j'ai fini par me sentir prêt à passer à quelque chose d'un cran plus technique. Attention, Manjaro reste très accessible, on l'appelle souvent d'ailleurs l'Ubuntu de Arch, à juste titre à mon sens. Cependant, son caractère de rolling release requiert parfois un peu de technicité, ce sur quoi on reviendra. Troisième point. Victoire !


Je ne vais pas faire ici une revue de la distribution, je l'ai souvent répété, je ne suis pas là pour faire dans la technique brute. Je vais plutôt tâcher de vous décrire mon expérience à l'usage. Certains de mes choix seront certainement critiquables, mais ce sont les miens, pour mon utilisation en fonction de mes besoins sur ma machine. Libre à chacun bien entendu de se faire sa propre opinion sur une image live.

Qu'est-ce au juste que Manjaro ? C'est une distribution basée sur Archlinux. Arch est austère, mais efficace. Mais austère tout de même. Même si des tutos très complets existent, ainsi qu'un wiki particulièrement bien étoffé, difficile pour le quidam moyen de l'appréhender facilement. Elle vous donne la main sur TOUT votre système. Rien de réellement imposé, mais en contrepartie, à vous de mettre les mains dans le cambouis pour arriver à votre système aux petits oignons.

Manajro se veut comme une Arch facile d'accès. C'est bien entendu louable, mais dans le fond, pourquoi vouloir rendre grand public une distribution qui se veut réservée à ceux qui ne craignent pas de se documenter pour maîtriser complètement leur système ? Des efforts ont été faits (et sont toujours faits, la distribution n'est pas encore en version 1.x, malgré une stabilité exemplaire selon mon expérience), notamment sur l'installation graphique somme toute classique à l'heure actuelle, ainsi que sur la gestion graphique des paquets (même si sur ce point je trouve la ligne de commande au finale plus stable et efficace). D'autres petites attentions existent : un panneau de configuration propre à la distribution, qui permet même de switcher facilement de kernel, et surtout mhwd (pour Manjaro HardWare Detection), un utilitaire en ligne de commande assez bien fichu pour tout ce qui est installation de pilotes propriétaires (ou retour aux libres bien entendu). Pour résumer, la base Arch, avec de quoi attaquer immédiatement l'utilisation de votre session.

Bon, tout n'est pas si simple non plus. Tout d'abord, il faut choisir la version de Manajro, comprendre : l'environnement installé. 2 choix officiels, et quelques dérivés, on est encore proche de cet asspect Ubuntu. Niveau officiel, on a le choix entre Xfce ou KDE. Notons la présence d'une version Netinstall, très proche d'Arch dans le sens où vous composez vous-même votre système... à partir de la ligne de commande. Quelques compétences sont requises bien entendues, même si on s'en sort très bien avec le concours des wiki d'Arch et Manjaro. En ce qui concerne les dérivées, c'est au bon vouloir des contributeurs. Je retiendrais surtout la version LXQt, maintenue par un français.

Après le choix de l'environnement (personnellement, Xfce), rien à signaler quant à l'installation. A noter un crash majeur lors d'une mise à jour avec l'utilitaire graphique, mais que je mets plutôt sur le compte d'une installation en mode UEFI (saleté d'innovation... désactivée depuis). Réinstallation propre en mode BIOS, tout roule depuis. Car oui, comme sa maman, Manjaro est une rolling release. Quésako ? Grosso modo, 2 types de mises à jour pour les distributions Linux : la "grosse" mise à jour, avec changement radical entre les versions de la distribution, seules les mises à jour correctives sont déployées pendant la durée de vie d'une version (exemple : Ubuntu) ; et la rolling release, où l'idée est alors de mettre à jour de façon incrémentielle le système, dès qu'un composant reçois une mise à jour. Ici on a cependant un petit tampon d'environ une à deux semaines, histoire de s'assurer de la réelle stabilité de ce qui est changé. Pas forcément plus mal, on n'attend pas non plus de trop avant de recevoir les dernières moutures de ses paquets et/ou logiciels.

Bon, çà s'installe plutôt bien, c'est costaud, mais à l'usage, qu'en est-il ? Xfce disais-je. Quand on vient d'Unity, et qu'on a aimé l'expérience, cet environnement ici calqué sur du Windows classique peut décevoir. De prime abord. En effet, le bureau à la souris est d'une malléabilité incroyable. Tout n'est que panneaux et plugins qui accomplissent leur tâche à la perfection. Pour couper court, d'un Windows banal, je suis arrivé à un Ubuntu-like, avec seulement un plugin installé en plus de l'offre par défaut. Les goûts et les couleurs ne tolérant aucune discussion, passons à une considération bien plus terre à terre : la fluidité de l'interface. Et là on peut dire que c'est rapide ! Démarrage dans la minute malgré mon bon vieux disque dur classique, pas ou peu de lag, et une quantité pléthorique de RAM encore disponible... Très très bon. Certes, avec un environnement léger de telles résultats sont prévisible. Mais toujours bluffants et agréables.

Allons un poil plus profond au sein du système, avec la gestion des paquets. Çà reste une composante cruciale. D'aucuns diraient même la base du système. Ici on hérite de pacman d'Arch. Hormis la référence à la boule jaune, pacman se montre d'une efficacité redoutable dans les gestion de la cohérence du système. Les dépendances sont gérées bien entendu parfaitement, et la maintenance du système (installation/suppression des paquets, mise à jour du système...) d'une facilité déconcertante tant qu'on a assimilé la syntaxe des commande adaptées. Mais la grande force de pacman, c'est son dérivé yaourt (quel humour chez les libristes...). yaourt sert à à peu près à la même chose que pacman, à ceci près qu'il permet l'installation directe de paquets absents des dépôts officiels, mais hébergé sur AUR (pour Arch User Repository, grosso modo, les paquets mis à disposition par des utilisateurs, mais vérifiés par des "trusted users"). Le système est si bien rodé qu'en une seul ligne de commande, vous pouvez tout mettre à jour, mais là absolument tout...

Voilà pour ce tout d'horizon. Plus à venir en fonction de mes inspirations...
Commentaires

Les promenades du rêveur... réunies



Oyez braves lecteurs !

Comme promis depuis peu, je vous remets bien gracieusement le recueil de mes récits.

Je vous ai donc concocté un PDF, que j'ai commencé à illustrer.
Je le mettrai à jour je l'espère.

En attendant, jetez un œil à la section "Multi-Médias".
Commentaires

Les promenades du rêveur solitaire - Le tour des aiguilles de Bavella en mai 2015




Parler. Ou en l'occurrence ici, écrire. C'est à la fois si simple et si difficile quand on n'a rien à exprimer digne d'intérêt. Largement plus d'un an depuis le dernier récit, et pourtant je n'ai pas cessé pour autant mes marches. Voire même, je les ai multipliées en rejoignant un groupe de randonneurs. Le hic est que, de fait, je ne suis plus seul à ces moments. Lapalisse lui-même n'aurait pas osé cette constatation désarmante d'évidence. Je n'ai jamais eu envie d'exposer d'autre point de vue que le mien dans mes chroniques. Égoïsme ? Non. Simplement le fait que je n'assume que mon expérience propre des situations, et que je ne veux pas prétendre coucher dans ces lignes l'interprétation d'un ressenti autre, au risque de le biaiser par l'adjonction de ma propre compréhension du contexte par dessus.

J'aime me promener en groupe. Me dédouaner de la pression d'être entièrement responsable du trajet à suivre, des temps de pause. En somme, je me laisse vivre à ces moments. D'ailleurs, nous avons beau discuter longuement en cours de trajet avec les autres participants, je finis toujours dans ce même monde intérieur. Toujours eu cette capacité à me couper du reste du monde quand bien même je suis en son milieu. C'était plus simple en étant effectivement seul sur le sentiers, même si ceci garantissait au moins une vigilance nécessaire à chaque instant. Là ce n'est plus réellement utile. Suis bêtement le chemin de ton prédécesseur et tout ira bien, à priori. J'ai beau profiter de leurs expériences de marches, m'inspirer de leurs idées, échanger avec eux, je n'en reste pas moins cet animal farouche et solitaire qui n'aspire qu'à l'arpentage tranquille de routes reculées.

J'ai eu mes lubies des trois monts par la passé, ces obnubilations maladives qui m'avaient en leur temps poussé à forcer leurs explorations. Et le Monte Astu une fois à Lama semblait bien avoir marqué le début du générique de fin de cette série d'escapades esseulées. Je le répète : non pas que la motivation pour la randonnée manquait, simplement l'objectif d'alors avait été atteint. N'est de pire guerrier que celui dont la guerre s'est achevée, quelle qu'en soit l'issue d'ailleurs. A défaut de son utilité même au sein du monde, que lui reste-t-il ? Il peut semble bien prétentieux de laisser sur ce piédestal trois petites montagnes dont on fait le tour relativement rapidement avec le recul. Pourtant c'est cet état d'esprit quelque peu désabusé qui est à l'origine de mon long mutisme.

Mais alors, pourquoi aujourd'hui recommencer ces tirades ? Tout simplement car une motivation comparable aux Trois a point : visiter les aiguilles de Bavella. Encore un de ces rêve bas de gamme, somme toute facilement réalisable à y penser. Peut-être. Mais la fascination est de retour. L'acharnement à établir l'itinéraire, à collecter les renseignements sur la durée prévue, le dénivelé, les points d'attention lors de la marche... c'est enfin revenu ! Et surtout, comme pour les Trois, cette attente languissante pour pouvoir prétendre accomplir l'exploit voulu. Bavella n'est pas tout proche. Près de trois heures de route pour y accéder. Autre point accentuant le désir, car il va falloir faire un choix crucial : partir tôt ou bien passer une nuit là-bas. Nouvelle expérience en somme, là où je partais en expédition éclair sur un coup de tête corroboré par la météo.

Je pousse le vice : je pars un samedi après-midi juste après avoir terminé mon office. Compte-tenu de l'heure et du temps de trajet nécessaire, je pense pouvoir profiter du milieu d'après-midi pour effectuer un petit aller-retour vers une autre curiosité géologique locale, le Trou de la Bombe. C'est certes une énième arche naturelle, mais c'est surtout une bonne mise en jambe. Et çà me permettra de rester alerte pour le lendemain. La boucle est plutôt longue en effet, à suivre le GR et sa variante alpine, mais j'ai l'intime conviction que je ne serai pas déçu par ce qui s'offrira à moi, comme au bon vieux temps pas si lointain de mes autres fantasmes... Le propos n'étant pas d'aller réellement plus loin avec ce Trou ou bien la logistique de l'épopée, gardons simplement en tête que cette balade fût brève, et la nuit reposante. J'avais d'ailleurs bien besoin de ce repos pour attaquer le lendemain avec la fraîcheur du matin à peine installé.

Il est sept heures. Le petit déjeuner est pris, les réserves d'eau bien rangé dans mon sempiternel bardas. J'admire ce calme merveilleux qui tranche nettement avec la vision de la veille de ce parking bondé de cars de touristes. Je l'ai envisagé comme un circuit égoïste, je veux bien partager avec quelque randonneur çà ou là, mais point trop n'en faut... Je m'élance sur le sentier du GR qui plonge à l'ombre des pins sous un air pour le moins vivifiant. Ce n'est pas inquiétant, je sais pertinemment que l'effort me réchauffera bien assez tôt, et certainement de trop en ces prémices de la belle saison qui me gratifie déjà d'un ciel azuréen. Pas le temps de s'inquiéter de cette descente qu'il va bien falloir regrimper au retour que l'ascension des flancs des aiguilles débute. Les muscles ankylosés du matin réveillent sous la contrainte de l'effort. Ce début est vite raide dès lors que je bifurque vers la variante alpine. Ce qui est fait n'est plus à faire, je me ragaillardis comme je peux. Je suis pressé d'atteindre ce col étroit pour deux raisons : quitter cette ombre froide où j'évolue alors que je vois les rayons du matin illuminer tout autour, et surtout voir le soleil et avoir les aiguilles en face de moi. Après tout, n'est-ce pas pour cela que je suis là ?

C'est bientôt fait. Le versant lumineux est là, avec les sept têtes qui se détachent plus ou moins. La montée rapide m'aura déjà presque mis de niveau, et il est toujours bien plus impressionnant d'observer un sommet du pied de la montagne. Pourtant, c'est déjà magnifique : ce jeune soleil tout en douceur dans sa lumière chaude, qui projette des ombres pas encore écrasées sous son poids harassant de la mi-journée. Et cette vue désormais ouverte sur la plaine et la mer au loin en bas. C'est cette dualité entre les sommets et le littoral  que j'apprécie sûrement le plus quand je me fixe pour but de grimper sur un sommet quelconque. Beaucoup d'autres endroits peuvent-ils se vanter de pouvoir ainsi mêler littéralement à vol d'oiseau mer et montagne ? Il est temps de poursuivre cependant, pas de regret à avoir pour autant, la scène me suivra encore quelques temps vu que je longe ce flanc-ci.

Cette route d'ailleurs porte ma Némésis du jour : le passage à la chaîne. On le saura, le vertige est l'une de mes bêtes noires. Autant dire qu'une fois devant ladite chaîne à descendre, l'hésitation de rigueur fût de la partie. Hors de question de rebrousser chemin, çà va de soit. Une bonne bouffée d'air frais et l'on agrippe aux maillons pour descendre en étant à peu près assuré. La roche est tout de même très raide à ma grande surprise, je pense alors qu'il n'est pas très prudent de laisser cet accès au grand public, mais j'avance. Étonnamment bien. Je touche au but, ne reste qu'à sauter d'un peu plus d'un mètre et je serai de nouveau sur la terre ferme, élément que je maîtrise mieux. Et c'est alors que la maladresse caractéristique dont je suis affublé entre en jeu : rien de terrible, mais sur ce saut je me cogne, ou plutôt, heureusement pour moi, je râpe mon coude droit sur la roche. Rien de terrible, j'ai déjà connu pire et, qui plus est, je suis coutumier des cicatrices de guerre en promenade. Le plus dur est passé, progressons donc vers les pointes.

Elles ne tardent pas d'ailleurs, au détours d'une ascension de plus en plus douce alors. On les distingue nettement tout de même, elles méritent bien leur sobriquet d'aiguilles finalement, vu que même à leur base elles sortent du gros de la montagne. Le vent souffle sur cette crête, il n'est pas tard, j'ai grimpé comme une fusée semble-t-il. Je poursuis en direction du col qui marquera pour moi le début de le redescente par le GR. L'aiguille correspondante impressionne par le fait que, là ou ses sœurs se détachaient doucement, elle elle émerge presque à pic. Cet aplomb immense en face, et cet à-pic vertigineux sur son autre face justifient à eux-seuls qu'on les nomme également des tours. Mais trêve de contemplation, le descente s'amorce.

Paradoxalement, c'est le moment que je redoute le plus dans cette boucle, car je sais qu'il me faudra passer sous mon point de départ, et donc au final grimper de nouveau. C'est bassement terre à terre, mais il reste définitivement plus plaisant d'arriver tout doucement au but en ne s'épuisant pas à fournir les derniers efforts dont on est capable après des heures de marche. Mais je n'est suis pas là, à vol d'oiseau, mon trajet ne représente pas le tiers de ce qui me reste à faire. J'ai entendu dire que le retour par le GR20 n'était pas des plus plaisant du fait de son caractère encaissé dans une vallée forestière, mais je veux y voir une chance de ne pas souffrir de trop de la chaleur quand midi s'approchera. Pour l'heure, la descente à flanc de montagne est déjà interminable au gré des zigzags du sentier. La montée était raide, la descente vers la vallée s'annonce du même acabit. Je pense avoir mis presque autant de temps à rallier la forêt au fond que j'ai ai mis pour atteindre la première aiguille. Mais pas lieux de se tourmenter outre-mesure, j'y suis.

Et là débute le passage forestier. Certes moins interloquant en terme de paysages que ce qui vient juste d'être fait, mais au moins propice au repos à l'ombre des grands arbres environnants. Qu'en dire de plus ? Rien. Je m'éloigne de plus en plus des aiguilles, je suis encaissé et cerné de troncs, donc ma vision des environs est plus que limitée. Je respire, m'étonne d'être toujours seul sur le chemin vu qu'il appartient au GR. Je dois m'attendre à ces heures de grande affluence estivale comme expérimenté à Vizzavonna plus tôt, quand le sentier devient boulevard presque trop animé. Mais là je me ravise, nous ne sommes qu'au mois de mai après tout. Après ce qui a finalement semblé être interminable, le sentier commence à retourner en direction du col, et la végétation s'ouvre de plus en plus par endroits. Le soleil est bien présent, on approche les onze heures. Malgré ce petit vent que je notais déjà sur la crête et qui ne m'a pas abandonné, la chaleur grimpe drastiquement. Ces zones boisées deviennent alors plus délectables. Pourtant c'est long. Un peu trop. Ou est-ce du au fait que je suis seul ? Çà ne doit pas jouer en ma faveur en effet.

Je commence d'ailleurs à donner quelques signes de faiblesse : midi approche, et je ne me suis presque pas arrêté. J'ai besoin de souffler quelques instants. Je sais que je ne suis pas loin du but, mais je dois me reposer quelques temps. A peine assis, je vois enfin un être humain au loin sur le sentier. Je me sens revigoré dès lors. Je repars, suis la direction de ce semblable qui m'évite de devoir scruter minutieusement le balisage sur les rochers. La fin est-elle proche ? Oui en effet. Cette ultime ascension m'amène aux abords de ce parking où j'avais quitté la route du village ce matin. Complètement transfiguré d'ailleurs, car pris d'assaut de toutes parts. J'aurais donc eu pour moi seul les aiguilles de Bavella, l'espace d'une matinée. J'ai renoué avec ce petit plaisir solitaire, celui d'être l'espace d'instants trop fugace l'élu de la Nature dans ses dons les plus beaux dans leur simplicité.
Commentaires

Des cubes et des biomes...



...Ou la présentation (tardive) de Minecraft.

Exercice périlleux, finir catalogué comme un blog de gamer n'est pas le but, d'autant qu'il n'est pas ici question d'un test de jeux vidéo. Minecraft est vieux, Minecraft est exploité sur la toile jusqu'à la moelle, avec des contenus plus ou moins intéressants. En termes techniques, ce jeu représente la lie du développement à mon sens : bourré de bugs plus ou moins corrigés à grands coups de rustines dans son code (début d'irritation colique), et ce même avant le rachat de Mojang par Microsoft, et surtout codé en Java (fin d'irritation colique). Mais passons même sur cela... cela qui d'ailleurs fait une bonne partie de son charme, à ne plus savoir ce qui est voulu dans le gameplay et ce qui est est de l'ordre du gros bug bien explicite...

Qu'est-ce donc qui me pousse à vous parler de ce jeu ? Simplement son côté OVNI. Il n'a pas été développé à la base par une grande société à blockbusters vidéoludiques, et pourtant, son succès a de quoi faire pâlir ces faiseurs de la pluie et du beau temps, au point que son papa est devenu récemment milliardaire. Les joueurs réguliers se comptent encore par millions, et malgré l'absence insolente de protections qui aboutissent forcément à du piratage, son éditeur s'en est toujours satisfait. Trublion déjà de ce point de vue, à l'époque où l'on impose de plus en plus des garde-fous sur-fliquant les individus, sous couvert de protéger les intérêts des ayant-droits comme ils se font appeler.
OVNI aussi dans le sens où, dans notre ère du jeu scripté au possible pour pouvoir y intégrer une narration à la profondeur des grands films hollywoodiens à la mode, à grand coups de cinématiques à mettre à genou n'importe quel moniteur aussi HD soit-il, Minecraft se contente d'un minimalisme graphique et scénaristique interloquant. D'aucuns y verront du pixel art et une liberté infinie, d'autres passeront à côté de cela. Question de sensibilité personnelle. Et en corollaire une liberté d'action troublante : pas de but fixe. Vous voulez bâtir la réplique d' Angkor Vat ? Faites-vous plaisir. Vous voulez juste massacrer du monstre hostile ? Après vous. Vous voulez concilier les deux ? Faites donc. C'est une nouvelle fois singulier. Étrange au début, mais finalement captivant. Votre partie évolue au gré de vos idées (et dans une moindre mesure, des moyens et ressources à votre disposition). Pour une fois, vous êtes le maître. Tantôt dieu tout-puissant, créateur ou destructeur à loisir, tantôt simple aventurier tentant de survivre dans ce monde hostile qui change du tout au tout la nuit tombée... Et même alors, à vous de choisir d'être simple architecte des blocs, comme étant plus jeune avec des Lego, à essayer que cet empilement de cubes ressemble à quelque chose, juste pour la forme vu que la fonction n'est pas intimement liée à celle-ci, ou au contraire ingénieur ingénieux, à faire fonctionner les systèmes d'automatisation mise en place, histoire de se simplifier la vie et/ou de flatter son ego.


J'y ai joué longtemps, presque concomitamment au passage à vide du blog (le jeu vidéo coupe de la réalité, tout çà tout çà... ah, non en fait, je n'ai jamais été autant dans le réel que ces deux dernières années...). Seule une pause récente a fini par briser ces heures de détente contemplative sur ce bac à sable zen virtuel. D'abord productif (buts architecturaux à la complexité croissante, puis ingénierie de pointe en passant par l’affûtage des techniques de combat/survie), puis surtout lieu de "vie" où l'on traîne sans trop savoir pourquoi, comme ces endroits réels type café/bar où l'on va presque machinalement pour rencontrer d'autres gens. Car oui, on peut y jouer en groupe, et c'est même conseillé à mon sens si l'on veut s'y amuser longtemps. Le tour de la question est vite fait sans personne à qui montrer ses œuvres cubiques. Et plus encore qu'en vrai, il n'est plus plaisant que de rire un bon coup entre ami des erreurs/taquineries d'autrui. Les avatars pixelisés aidant, surtout s'ils sont fait des blanches petites mains de leurs détenteurs (votre serviteur y a consacré des heures à avoir le résultat qu'il voulait...).

Je m'y suis bien amusé. Et m'y amuserai encore d'ailleurs à mon avis. C'est d'ailleurs un cas étrange de jeu où j'ai commencé avec une version crackée pour le découvrir, mais dont j'ai acheté la licence moins d'une semaine après. Question de principe : à l'époque encore c'était un petit studio indépendant qui l'avait mis sur le marché. Une façon en somme de rétribuer ces quelques personnes pour le travail si rafraîchissant qu'ils avaient fait, là où les gros studios se tiraient la bourre avec des nouveaux opus de licences phares au caractère novateur plus qu'incertain... Et le fait qu'il soit codé en Java, donc utilisable sous Linux n'a pu que me le rendre sympathique...


Pourquoi en parler maintenant d'ailleurs ? Primo, comme déjà dit, ce jeu a participé à me faire mettre de côté le blog, même si c'est plus le fait de ne plus ressentir le besoin d'écrire mes aventures pédestres qui a motivé cela. Secundo, je viens juste de prendre un peu mes distances avec, après en avoir même disséqué l'aspect moddé (la description que je vous en ai faite est riche ? Les possibilité de moddage du jeu le sont 100 fois plus...), donc je peux presque me vanter de pouvoir en tirer des conclusions à titre personnel, malgré son caractère inépuisable niveau jouabilité. Ayant même administré 2 serveurs, là je parle en parfaite connaissance de cause. Tertio, comme annoncé dans mon article come-back, je veux donner une direction plus éclectique à Geek-Boxer, là où je m'étais finalement cantonné à vous y exposer des compte-rendus à peine romancés de balades. Je le répète (je me fais vieux à rabâcher...) je ne virerai pas blog de gaming, trop surfait, et surtout plus en adéquation avec mon état d'esprit où le jeu vidéo a quitté les plus hautes marches de mes loisirs depuis longtemps...

Je vous aurai bien donné un lien vers ma chaîne Youtube, vu que j'y avais téléchargé pas mal de vidéos concernant mon expérience de jeu cubique, mais un coup de sang m'a fait tout supprimer... et avouons-le, ma voix n'est pas des plus agréable à entendre. Notons cependant que ce jeu aura réussi à parfaire ma "sociabilisation virtuelle", là où le secret de mon petit cocon privé avait toujours prévalu...
Commentaires

L'éveil... encore



Cette fois-ci plus de faux départ.
Promis.

J'excave le cadavre du blog après 2 ans de silence radio. Merci à ceux qui entre temps ont lu mon contenu, je dois avouer que les statistiques de vue des pages m'ont impressionné pour quelque chose de dormant.


Soyons décevant d'emblée : je ne pense plus écrire comme avant mes récits de promenades au détour de sentiers isolés. Simplement car ceux-ci étaient mes promenades oniriques de marcheur esseulé. Peu à peu j'avais accepté de laisser un peu tomber la cuirasse pour confesser mes états d'âmes lors de ces marches, récit après récit. Facile quand on est effectivement seul sur le chemin, moins simple quand on est accompagné. Je ne peux pas décemment prétendre décrire l'état d'esprit d'un quelconque compagnon de balade, ce serait au mieux prétentieux de ma part, au pire malvenu de trahir ce presque-confessionnal figuré par le chemin vers nulle part...
Difficile donc quand on a rejoint un groupe de marche d'appréhender le crapahutage sauvage de la même manière qu'auparavant. Non pas que je ne marche plus seul, j'ai dernièrement fait le tour des aiguilles de Bavella comme un grand garçon solitaire, mais je tolère mieux les compères qu'auparavant, et apprend à profiter de leurs expériences.

Ne soyez cependant pas déçus : j'envisage incessamment sous peu de vous donner en téléchargement l'intégralité de mes récits au format PDF. Mis en page proprement, corrigé, un peu relu (je reste seul sur ce point, et Dieu sait qu'il est difficile de déceler ses propres erreurs...), et agrémenté de mes croquis. L’œuvre sera bien entendu gratuite et librement redistribuable.


Poursuivons avec l'avenir du blog, vu que j'annonce un nouveau départ.
Je renoue donc avec le postulat des débuts, dont j'ai d'ailleurs fait le slogan de Geek-boxer, à savoir "tout et n'importe quoi, mais avec un zeste d'esprit". Je compte dorénavant varier encore plus les plaisirs. Geekerie libriste, un peu de jeux vidéos (très, mais alors très peu par contre...), peut-être encore quelques dessins à la tablette graphique selon l'inspiration, et surtout quelques coups de gueule et réflexions sur notre monde (pas trop fréquents cependant, je n'ai pas encore la prétention de vous expliquer quoi penser et quand le faire...).
Concernant la forme, je resterai sur un format d'articles courts, sauf exceptions. Non pas que je sois plus fainéant que quiconque, simplement car j'ai envie de garder la relative fraîcheur d'un texte premier jet, aux idées simples mais souvent touchantes dans leur caractère brut, juste relu et corrigé (autant que mes restes d'orthographe pas encore dézingués par les auto-corrections me le permettrons...).
A noter enfin que je pense avoir réparé les commentaires des articles, qui n'étaient pas fonctionnels avec le modèle customisé que j'avais mis. Pour l'anecdote, je suis reparti de zéro sur le modèle de base, et je lui ai adjoint (ou plutôt enlevé) tout ce qui me semblait nécessaire.


Petite mise en bouche finale, je vous prépare donc le PDF de mes aventures, un petit article sur Minecraft, ainsi qu'un état des lieux de mon installation informatique (petit indice : Ubuntu n'est plus ma distribution...), et ce que j'ai fait comme escapades pédestres et autres (oui, je ne me contente plus de marcher...).


Encore un grand merci à tout ceux qui m'ont encouragé suite à la lecture de ce blog. Une seule chose à vous dire comme disent les jeunes : on remet çà !
Commentaires