La cuillère



Un billet pseudo-philosophique pour fêter le retour de ma connexion.
Ou plutôt une réflexion personnelle sur le sens de ce blog. Rien que çà.

Attaquons fort : existez-vous ? Je veux dire, vous, face à votre écran, qui lisez mes articles, regardez mes dessins, ou qui fouinez par hasard sur ce blog parce que Google ou autre vous y a amené, est-ce que vous existez bel et bien, ou bien êtes-vous juste le fruit d'un fantasme égocentrique qui conduis à ce que je suis le seul qui vous fait exister ?

Je m'explique un peu plus : quand je vois les statistiques de visites de Geek-Boxer, j'en suis presque à 18 000 consultations depuis sa création, y compris pendant le passage à vide. J'ai certes eu des retours très sympathiques via Google+, donc je sais que mes déblatérations ne tombent pas vraiment dans l'oubli des tréfonds du web. J'ai également été à l'origine de quelques centaines de vues pour m'assurer que le style personnalisé fonctionnait (à peu près). Soit, mais pas 18 000. Me baser sur une "pub" via le réseau social fantôme de Google n'était peut-être pas la meilleure façon de procéder. Mais en même temps, je ne cours pas après la notoriété, je ne suis pas là pour être le centre d'une quelconque communauté, pour reprendre ce terme en vogue dans le monde où l'anonymat est paradoxalement le mot d'ordre. Ce que j'offre aux yeux du public, c'est ce que je veux bien montrer, ce que j'aime, ce que j'ai envie de partager. Et là j'en arrive au fondement même du cas de conscience du jour : le partage.

Comme je viens de le dire, je mets à nu la part de ce que je suis que je tolère d'exhiber. Avant le blog, peu de monde savait que j'aimais écrire ou dessiner, encore moins que j'aimais fuir la vie citadine pour le milieu de nulle part. Aux yeux des gens, j'étais juste un pharmacien lambda, ou pour les plus proches un pote un peu geek. Çà n'a pas foncièrement changé depuis, je vous rassure. Simplement, un beau jour, quelques retours de vive voix avec certains patients, qui me demandent si je suis celui qui écris ses balades sur Internet. Stupeur la première fois, pas préparé à cette notoriété soudaine et presque non désirée. Mais, petit mot d'encouragement, petite marque de sympathie sortie de nulle part. Et c'est à ce moment que je prends conscience que l'interaction avec "mon public" est un peu le but premier de cette exhibition. On me félicite pour mon travail, je n'en demandais pas tant en faisant çà.

Je m'aperçois en fait aujourd'hui que je n'ai pas eu depuis de réelle interaction avec vous, "public" (je ne sais pas trop comment vous appeler). D'où cette question un peu directe sur votre existence. Non pas que je vous supplie de m'assaillir de tout part de commentaires, le cas échéant je ferai de mon mieux pour les lire, mais je ne cache pas que je n'y consacrerai pas un temps monstre ; mais plutôt je vous invite à entamer la discussion sur n'importe quel sujet abordé et qui vous intéresse. Vous aimeriez avoir des détails sur une des balades que j'ai décrites ? Je vous les donnerai volontiers. A contrario vous avez des suggestions de lieux à visiter ? Je prends volontiers également. Des critiques/conseils sur le dessin à la tablette graphique ? Il faut que je m'y remette mais je suis tout ouï. Une proposition de sortie "extrême", style canyoning ? Mais bon Dieu je désespère de ne jamais en faire !

Soyons clair, je ne mendie pas l'interaction. Je suis le premier à rester silencieux quant à ce que je consulte sur la toile. Mais je vous invite simplement à ne pas hésiter à partager votre opinion ou votre expérience sous couvert d'une relative timidité. On n'est pas ici sur Youtube avec des guerres de commentaires frôlant le vide intersidéral en terme de fond. C'est un petit blog aux sujets relativement peu attrayants pour les masses, donc l'intimité des propos y sera préservée.

Ceci s'adresse tout particulièrement aux lecteurs réguliers, si j'en ai. Sur les 18 000 vues, je ne sais pas combien de personnes distinctes çà représente. Des one shots ou bien un noyau dur de fans ? A vous de me le faire savoir à l'avenir.
Commentaires

Sevrage numérique



Ces jours-ci je coupe le cordon... ou plutôt le câble ethernet.

Ma connexion est en berne, la faute probable à des travaux pharaoniques proches de chez moi, qui s'éterniseront probablement à cause de l'été et d'une lenteur inhérente à ce genre d'entreprises. Mon FAI est prévenu, vive les boîtes vocales où il faut naviguer dans des choix prédéfinis sans jamais avoir un quelconque être humain au bout du fil... Mais tant bien que mal, j'ai percé le secret du labyrinthe et ai pu déclarer le sinistre. Et système D pour continuer à avoir une vie "normale" vu le nombre d'activités qui requièrent désormais un accès Internet. Même si à la rigueur, on s'en fiche, l'objet réel du billet est tout autre.

Vous avez déjà été mis face à une addiction ? Je ne bois pas, je ne fume pas, et ne complète même pas l'ancien slogan publicitaire (vous trouverez en cherchant un peu bande de dépravés...). Par contre, je me rends compte vis à vis de cette absence de connexion involontaire qu'une bonne partie de ma vie dans mon appartement s'axe sur le web et ses délices variées.

J'ai bien entendu déjà été coupé de la matrice. Volontairement, et je n'en m'en suis pas plus mal porté d'ailleurs. Au contraire, ces épisodes de vacances complètement déconnecté des vicissitudes de ce bas-monde étaient pour le moins reposants. Le retour était même parfois plus déprimant, avec la consultation et le tri des mails reçus entre temps (je déteste relever mon courrier, aussi bien pour de bon que virtuellement...). Mais là, autant je survis (fort heureusement...), autant je dois avouer que la privation fait resurgir la dépendance de mon train-train quotidien vis à vis d'Internet.

Journée ouvrée type : lever vers 5h30 (sic !), rapide petit-déjeuner, 5h50 séance de sport devant les clips musicaux à la télé pour éviter que cette scoliose ne finisse par me rendre bossu, 6h40 brin de toilette histoire de ne pas agresser olfactivement mes contemporains le reste de la journée, 7h20 allumage du PC... et c'est là que le drame commence. Rituel : relève des courriers de la nuit, peu de choses, surtout de la notification inutile qui part de suite au panier. 7h30 : au choix, en ce moment un peu d'écriture d'article, parfois du montage vidéo, ou si vraiment rien de transcendant papillonnage utilitaire sur mes pages les plus consultées (banque, météo, actualités de Manjaro...). En prenant à peine le temps d'y penser, c'est absolument non-nécessaire, mais c'en est devenu tellement ancré dans mes mœurs que j'effectue cette routine par réflexe. Et c'est justement la privation de la bonne exécution de cette procédure qui me balance à la figure cette triste réalité... D'autant que le reste de la journée n'est guère mieux : 12h30, seconde relève des mails, pas de forfait de données sur le téléphone, et Dieu merci d'ailleurs ! Puis visionnage de quelques vidéos sur Youtube pour se détendre avant de reprendre mon office, et le soir vers 20h00, re-belote... Point positif, je n'allume plus la télévision que le matin pour le fond sonore. Vu le niveau actuel, franchement je préfère l'errance youtubienne, au moins ai-je le choix de la connerie que je veux voir là-bas...

Hormis le caractère presque navrant de cette journée type et de sa redondance jour après jour, ce qui me pose souci c'est ce fossé que je suis capable de créer entre les moment où sciemment je me détache de mon ordinateur pour m'adonner au reste de mes activités, et là je ne songe même pas à ces choses futiles ; et ces moments où je reste chez moi à survivre comme une loque lobotomisée. La faute à quoi ? Le problème quand on est connecté, c'est qu'on a accès instantanément à l'info qui passe par l'esprit. Il me faut une image pour illustrer l'en-tête d'un billet ? C'est déjà trouvé. J'ai besoin d'informations sur une chose idiote à laquelle je viens de penser, aussi futile soit-elle ? Encore une fois je trouverai mon bonheur. Et manque de bol, je suis du genre à avoir le cerveau en ébullition quand je ne fais rien de concret. D'où cette addiction tragique.

Bon j'exagère le trait, comme déjà dit, je n'ai pas vraiment de mal à prendre mes distances avec ces travers. Je préfère encore une bonne sortie à un début d'escarres sur mon tabouret de bureau. Mais çà nous ramène au fait que la privation est le façon la plus directe de s'apercevoir de nos habitudes...

... Vivement que je retrouve une connexion tout de même...
Commentaires

Trop de choix tue le choix



Vous est-il déjà arrivé de rester coi pendant de longue minutes devant un rayon de supermarché ? Vous avez besoin d'un pack de lessive, tout ce que vous voulez c'est que votre linge respire la fraîcheur, comme dans les publicités qu'on voit à la télé. Et là, un mur de produits se dresse entre vous et ce rêve de propreté fraîche. C'est bête à dire, mais c'est l'illustration la plus simple du titre de ce billet. Sous couvert de vous donner toutes les cartes afin de vous satisfaire (en faisant bien entendu abstraction de toute considération marketing quant aux dispositions des packs sur les étalages...), vous êtes plus embêté au final qu'autre chose... Un besoin, une réponse. On en est hélas loin.

Soyons clair, les lessives se vaudront toutes à peu près. Un tensioactif est un tensioactif, et à moins d'être absolument envoûté par un parfum précis, l'offre pléthorique n'est qu'un superbe trompe-l’œil. En fait, hormis choisir la poudre, le liquide ou les unidoses, vous vous passeriez bien du reste. Et d'ailleurs, à force d'habitude, c'est toujours vers le même conditionnement que vous vous tournez en définitive. Donc où est l'intérêt de ce mur ? Il en faut pour tous les goûts me direz-vous. Certes. Mais ces "goûts" ne sont-ils pas induits justement par cette fausse diversité ? Comprendre : si je ne propose que des pommes ou des poires, les gens choisiront forcément l'un des deux fruits s'ils éprouvent le besoin de se procurer des fruits, et s'en contenteront à peu près. Si je rajoute des oranges, forcément j'aurais d'autres personnes qui se tourneront vers elles. Idem si on y adjoint des bananes, des mangues ou des fraises. Ont-ils réellement besoin de ces options ou bien sont-ce elles qui créent le besoin ?

Vous vous en douterez certainement, je ne suis pas là pour parler panier de la ménagère. Simplement j'illustre ici un problème qui se pose jusque dans notre usage informatique. Pour 90% de la population utilisant un ordinateur, on a un bon vieux Windows préinstallé, pour les plus "chanceux" le pack Office qui va avec et tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes. On peut même surfer avec Internet Explorer, c'est vous dire comme le tableau est idyllique (l'ironie est-elle suffisamment palpable ?). En gros, pour qui reste dans le chemin balisé, pas de dilemme existentiel majeur du choix de l'orange ou du Skip liquide. On se prend bien un peu la tête entre Chrom(ium) ou Firefox au bout d'un moment, mais rien qui empêche de dormir. Seulement voilà, quand on a quitté le plus beau des châteaux possibles, où va-t-on ?

On sait qu'il existe un contient lointain qui s'appelle Linux. On a entendu de tout à ce sujet, tout et son contraire d'ailleurs. Les routes y sont pavées d'or mais il faut faire le pavage soi-même. C'est un monde sans maladie mais où il faut être médecin pour vivre en bonne santé. Les PC infirmes y remarchent sans canne, du moment qu'ils enfilent des chaussures pas trop grosses et qu'ils ne comptent pas faire un sprint. La vie y est gratuite mais demande un investissement personnel important. Au moins les frontières y sont-elles très permissives, on dit même que des visites organisées sans obligations y sont instaurées pour permettre à qui voudrait renter dans le vieux monde de le faire sans rien avoir à faire de plus que de redémarrer...

Mais même dans le cas de ces voyages organisés, vers quel tour operator se tourner ? Comment comparer les prestations offertes par chacun ? A qui promet la simplicité toutes activités comprises, à qui le séjour pas dépaysant du pays de la fenêtre, à qui l'aventure sauvage au pays de la console... et c'est là qu'on retombe sur le mur de lessive. Quand vous voulez simplement démarrer fissa votre ordinateur avec un système fonctionnel qui couvre l'ensemble de vos besoins, vous ne voulez pas forcément tomber dans l'élaboration du cahier des charges qui ferait passer un marché public national pour le remplissage d'un formulaire pré-imprimé. Et alors le bât blesse.

On a bien Ubuntu en tête quand on suit un peu l'actualité informatique. C'est très bien pour commencer (je suis passé par lui d'ailleurs pour faire mes armes comme vous le saurez), mais Unity peut dérouter le néophyte. On a également Mint, la fille de la précédente, qui lui ravi de plus en plus de suffrages avec son interface Cinnamon si "windowsiene" dans l'esprit. Pour le reste, c'est du bouche à oreille. On a entendu du bien de ceci. Oui, mais cela semble mieux. On ne comprend d'ailleurs pas toujours bien en quoi les distributions diffèrent entre elles. Si c'est juste l'environnement de bureau qui change, on peut toujours en installer un autre sur sa distro, ce n'est pas çà d'ailleurs la force des Linux ? Pouvoir changer à peu près tous les composants à loisir ? On s'aperçoit vite que oui et non... Qu'une Ubuntu classique ne devient pas vraiment une Mint par le simple ajout de Cinnamon. On apprend le jeu merveilleux des dépendances des paquets et des incompatibilités entre versions de ceux-ci. Ce savant mélange qui fait qu'à recette identique, le résultat ira de la pierre philosophale tant convoité à un gloubiboulga infect.

Et ceci illustre bien l'importance du choix initial : aller vers une distribution trop orientée simplicité risque de vous brider rapidement, alors qu'à contrario, se précipiter sur une distribution pour barbu de la première heure risque fort bien de vous dégoûter, voire même de vous pousser vers un système pommé (ironie ? Encore...). Avoir le choix ds supports liveUSB n'est pas la panacée. Démarrer sa machine dessus ne vous montre rien de plus que le bureau par défaut avec le thème par défaut. En gros le papier-peint et la déco intérieur. Certes, vous vous assurez que votre engin est supporté par la distribution. Mais j'ai envie de vous répondre : les bases sont les mêmes !  Pourquoi Arch marcherait si Fedora vous refuse ? Si au moins une d'entre elle démarre alors elles peuvent virtuellement toute aboutir au même résultat. Parfois il faut mettre la main dans le cambouis avec l'une ou l'autre, c'est un fait. Mais c'est aussi çà le prix de la liberté... Avoir une alternative ne fait alors qu'éluder le fond du problème et pousse à fuir plutôt que de comprendre les tenants et les aboutissants. On n'a pas tous à savoir réparer un moteur de voiture, les mécanos sont là pour çà, mais on doit au moins savoir changer une roue crevée si l'on ne veut pas rester sur le bas côté sous la pluie battante.

Pour clôturer ce billet, je dirais simplement qu'il ne sert à rien de m'énumérer la kyrielle de distributions à ma disposition, voire même qu'il n'est pas évident qu'elles présentent toute un réel intérêt. J'ai bien passé toute mon enfance à savoir que les aubergines étaient noires violacées avant que n'émerge la variété blanche... Et tout ce que je veux quand je recherche une lessive, c'est de pouvoir simplement laver mon linge avec si c'était mon but à l'origine...

... Méditez là-dessus en ces temps chauds estivaux.

Commentaires

Youtube Money



Je fais juste une petite annonce personnelle et vous dévoile que je vais tenter de publier sur ma chaîne Youtube les vidéos de mes exploits sportifs quand j'en aurai l'occasion.

J'ai en effet récemment fait l'acquisition d'une petite caméra sportive genre GoPro (mais pas GoPro...) pour pas trop cher. Un peu déçu de la qualité des photos et vidéos malgré le capteur à 10Mp annoncé cependant. Mais bon, on annonçait une marque française, donc cocorico...

Bref, je tenterai d'y faire partager mes expériences hors-PC, mais pas forcément retranscriptibles au format texte...
Commentaires

L'Homme descend du singe... et le geek descend de l'arbre



Pas plus inspiré comme entrée en matière.

Dans la série "je tente des trucs que je n'aurais jamais pensé faire il y a encore peu", j'appelle l'accrobranche...

Vous le saurez (de trop), je souffre du vertige. Enfin, le vide n'est pas pour me rassurer. Si je peux éviter de me retrouver au bord du gouffre je le fais, tout comme j'évite d'escalader pour ne pas risquer de me trouver paralysé au milieu de la course comme un idiot. J'ai cependant beaucoup progressé à ce sujet, à force de marches de plus en plus montagnardes, sans jamais réellement pouvoir être assimilées à de l'alpinisme, et heureusement.

Donc, il y a peu (environ un mois si vous voulez tout savoir), alors que nous terminions une escapade d'une semaine de marche au parc naturel du Queyras avec un ami (endroit extraordinaire au demeurant...), nous avons fait halte à Sisteron pour ne pas avoir une route trop longue pour le retour jusqu'à la cité phocéenne. Petite marche le premier jour, petite visite touristique de l'endroit de rigueur, et voilà que nous tombons sur un accrobranche. En plein cœur de la ville. Rien que çà. il ne nous en faut pas tellement plus pour nous décider à tenter notre chance.

Mon compère avait déjà expérimenté, personnellement je suis novice le plus complet. Il s'est donc imposé tout naturellement que nous tenterions le parcours dit "extrême". Je ne cacherais que j'ai émis quelques réserves au moment du choix, le "vous n'en avez jamais fait, c'est vous qui voyez" du propriétaire n'a pas dû aider. Mais bon, bon gré mal gré je cède aussi à la tentation. On a alors droit au briefing d'initiation, consignes de sécurités que j'écoute religieusement (on ne se refait pas...), ainsi qu'un test des différents types d'activités à 50 cm du sol. Jusque là, c'est encore supportable pour moi.

Attaquons le gros de l'aventure. On est quatre à ce moment. Deux jeunes locaux apparemment, mon camarade et moi-même. Il va être temps de se lancer. Littéralement. C'est une belle tyrolienne qui ouvre la marche. Une petite dizaine de mètres au dessus du sol sur une bonne trentaine de mètre de long, voire plus vu que je n'ai pas le compas dans l’œil. On laisse gentiment passer les jeunes, on sent que je risque d'être un goulet d'étranglement. Je précède par contre mon ami. Je ne saurais dire s'il a simplement fait ainsi pour s'amuser de ma maladresse ou bien s'il m'a envoyé au casse-pipe afin de ne pas commettre les mêmes bourdes que moi. Mais bref, il faut se lancer. Littéralement. Encore. Je ne sais pas si j'ai effectivement hésité longtemps lors de l'impulsion qui m'a fait quitter la plate-forme de départ. Mais l'hésitation était bien là. Et voilà que la course s'interrompt vers les 3/4 du trajet, faute à une pente pas très prononcée et probablement aussi à une poussée un peu mollassonne de ma part. Il va falloir terminer à la force des bras. C'est dans ces moments-ci que je suis heureux d'être taillé comme une crevette, moins lourd à tracter. A ma décharge, mon suiveur ne fait guère mieux, il doit aussi terminer le parcours à la main si je puis dire.

On enchaîne les "ateliers" : échelles de corde, rondins suspendus à traverser, balançoires infernales, funambulisme.... Toujours un peu lent de mon côté, mais qui veut aller loin ménage sa monture comme on dit. Les deux jeunes sont loin, très loin. Mais on progresse. Les bras commencent à brûler, il faut dire que j'en abuse pour me tenir à cause de l'appréhension sous-jacente de choir. J'ai le vertige que diable ! Même si la vision du sol en bas me dérange de moins en moins. Peut-être justement grâce à cette fatigue salutaire qui me change les idées. Je sais que je souffrirai une fois l'adrénaline retombée, déjà quelques bleus également çà et là à cause de réceptions hasardeuses. Pourtant je ne me suis que très rarement senti aussi bien. La peur n'est plus. La souffrance me fait sentir plus vivant que jamais. On a bien fait de venir.

L'épreuve finale est là : le saut de Tarzan à la liane. A peu près confiant jusqu'au moment d'y arriver. Une fois la liane hissée en main, déjà moins. Elle est trop courte si vous voulez mon opinion. Je suis déjà à moitié penché dans le vide pour la tenir. Difficile de fournir une bonne impulsion dans ces conditions. Pourtant j'y vais. Je saute. Comme je peux. Je vole ! J'y suis presque à ce filet de réception qu'il faut choper au vol. Je le vois. Je l'ai presque. Mais je perds de la vitesse. Je ne remonte plus autant. Çà va être dur... Un coup de rein pour tenter de forcer ces derniers centimètres. Non... Si... Non... Si ! Le der des der. Le maillon ultime sans exagérer. Je agrippe à deux doigts. Mais je suis accroché. Je dois me hisser maintenant. Rien qu'à la force des bras. Je n'en peux plus. Je suis fatigué. Et pourtant, maillon après maillon je grimpe. Les jambes sont à porté pour m'aider. Je suis sauvé, enfin je peine moins. Et la plate-forme. Çà y est, je l'ai fait. J'y suis. Une dernière tyrolienne et me voilà au sol.

Je suis sale, en sueur, couvert de poussière et autres débris végétaux. J'ai quelques belles ecchymoses. Mais je l'ai fait. On s'est bien amusé en guise de fin de séjour. J'ai pu me confronter à l'un de mes vieux démons. Je lui ai fièrement tenu tête. Pas vaincu, mais fait face et lui ai montré que je ne m'arrêterai pas à cause de lui. C'est bien, je ne suis pas perdu au moins...
Commentaires

Le fond des choses



Au moins aurais-je évité un "sous l'océan", à la Disney.

Des hauteurs des monts je passe aux abysses insondables... de Méditerranée. Moins impressionnant de suite, mais pas moins intéressant.

Pourquoi ? Toujours cette difficile question concernant la motivation de l'acte. Plus facile de dire "comment" en règle générale. Mais pour une fois, pas d'esquive style "pourquoi pas ?". Pour en revenir à la question, simplement pour l'envie de varier un peu les plaisirs. J'ai toujours aimé ce qui avait trait au monde marin : tout petit déjà, fan des productions de Cousteau, et toujours avec le masque vissé au crâne l'été à la plage. Certes très cliché comme réponse, mais sincèrement, que faut-il de plus pour motiver un acte ?

Tout a commencé avec un baptême tardif l'an dernier au mois de septembre. Le lieu choisi, l'anse de Ficaghjola était riche de signification pour moi. Au pieds du quartier Saint Joseph de Bastia, là où je suis né et ai passé les premières années de ma vie. J'avais eu l'occasion durant mon plus jeune âge de fréquenter son reste de semblant de plage, alors que le reste du front de mer avait été réaménagé bien avant pour permettre le passage d'une voie de désengorgement de la ville. Pas de discussion sur les tenants et les aboutissants du massacre d'une plage à Bastia même, écologie et tradition versus évolution, le débat est toujours inextricable... Un baptême ici ? Un peu circonspect, mais admettons.

Mise à l'eau avec mon moniteur, équipement de rigueur. En baptême on est assisté au possible, ce qui est normal en tant que novice, la plongée en bouteille différent totalement de la simple apnée qu'on pratique tous. Attention, la zone de baptême, de 3 à 6 mètres reste absolument sans dangers, au pire l'inconfort dû à la non dépressurisation des tympans. Ne reste qu'à accepter le détendeur en bouche, bien écouter les quelques recommandations du moniteur et c'est parti.

Quelle surprise ! Si proche de la plage bien fade, herbiers de posidonie, poissons variés, étoiles de mer etc... Je ne suis pas un fin zoologiste, de là à vous dire au juste ce que j'y ai vu ce jour, on dépasse largement mes capacités d'identification. Mais un spectacle merveilleux, de quoi donner l'envie d'approfondir le sujet, si je puis dire.

J'ai depuis rejoint un autre club, le premier ayant eu des créneaux d'ouverture non adaptés à mon emploi du temps. Je progresse petit à petit : niveau 1 (j'ai le droit de plonger accompagné jusqu'à 20 mètres de fonds), et récemment un PE40 (c'est un module qui m'autorise à plonger accompagné jusqu'à 40 mètres). En attendant un éventuel niveau 2 (là on rajoute la possibilité de plonger en autonome, comprendre : jamais seul, avec d'autres niveau 2, mais sans guide), ce duo me permet d'accéder à pas mal de fonds dignes d'intérêt. C'est toujours grisant de trouver çà le poulpe planqué dans son trou, là la murène tapie dans son antre, ou encore ici une énorme araignée de mer... Toujours sans toucher, c'est la règle : ne pas abîmer le milieu.

Je vous passe les détails sur la technicité de l'activité. Importante certes pour minimiser les risques, mais loin d'être insurmontable, 2-3 principes physiques de base pour tout dire. C'est extraordinaire cette sensation que l'on ressent dans ce monde où l'on progresse en semblant de lévitation lente, savant mélange de liberté et d'une maîtrise tout en douceur et en finesse. Un jour peut-être partagerai-je des clichés, même s'ils ne refléteront que partie de l'expérience... Mais on n'en est pas là, le matériel résistant à la pression n'est pas à l'ordre du jour.

En somme, de quoi varier entre les sommets et les fosses...
Commentaires